Santé : les arguments plus ou moins pertinents de la FNMF pour justifier la hausse des cotisations

La fédération nationale de la mutualité française (FNMF) vient de publier un communiqué de presse dans lequel elle fait état d’une hausse moyenne de 4,7 % des cotisations santé en 2023 tout en avançant des arguments destinés à justifier cette progression.

Parmi ces arguments, certains apparaissent plus ou moins pertinents.

La Mutualité Française relativise la hausse des cotisations

Du côté des premiers, on relèvera que la Mutualité française remet en perspective l’évolution des cotisations aux mutuelles entre 2019 et 2022, de l’ordre de + 8,4 %, avec celle des prestations qu’elles ont versées sur la même période, de plus de 10 %. En particulier, la FNMF insiste sur le dynamisme des prestations liées aux soins dentaires, d’optique » et d’audioprothèse, qui ont augmenté de 20 % entre 2019 et 2022, soit une hausse de près de 900 millions d’euros.

Non sans raison, la FNMF met par ailleurs l’accent sur la pression fiscale à laquelle les organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM) doivent faire face. « En 20 ans, la taxation sur les contrats santé a été multipliée par 8, ce qui va à l’encontre d’un accès à la couverture santé pour tous », déplore-t-elle, rappelant que cette taxation est passée de 1,8 % en 2000 à 13,3 % en 2021.

Tous ces éléments étant posés, la Mutualité Française relève que, de fait, les mutuelles connaissent ces derniers temps « des taux de rentabilité négatifs ». « En 2021, le résultat économique sur l’activité santé a été quasi-nul pour les mutuelles (en moyenne -0,2% des cotisations) » précise-t-elle.

Une curieuse référence à l’inflation

A côté de ces arguments plutôt pertinents, la FNMF en met un autre en exergue, qui paraît plus discutable. Elle se félicite en effet, en introduction de son communiqué, du fait que la hausse de 4,7 % des cotisations prévue pour 2023 et « en-deçà de l’inflation moyenne en 2022 ». Le point de comparaison ici retenu est quelque peu curieux, dans la mesure où, pour les acteurs et observateurs du monde de la santé, la référence en matière d’évolution des dépenses de santé est moins le niveau de l’inflation que l’évolution de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM).

L’ONDAM 2023 étant prévu pour progresser de 3,5 % par rapport aux dépenses de santé de 2022, on comprend, certes, que la Mutualité Française ait préféré prendre ses distances vis-à-vis de cette référence. Il est en effet plus flatteur de prendre cette année l’inflation pour point de comparaison.

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