Pourquoi le salaire d’un CDD est inférieur de 14,4% à celui d’un CDI ?

Dans sa dernière étude, la Dares tente d’expliquer pourquoi un salarié en CDD est généralement moins bien payé qu’un salarié en CDI. Cette étude note qu’en moyenne l’écart de salaire est de 14,4% en défaveur des CDD. Cette étude repose sur l’analyse des entreprises de 10 salariés et plus dans le secteur privé et met en lumière tout ce qui impacte la rémunération en fonction du type de contrat de travail.

 

L’étude de la Dares fait apparaître des écarts différents selon que le salaire pris en compte (global ou de base), les composantes de la rémunération entrent aussi en ligne de compte, tout comme la démographie des salariés en CDD par rapport à ceux qui sont en CDI. Toutes ces caractéristiques expliqueraient la différence de salaire de plus de 14% entre CDD et CDI. 

 

L’écart de salaire entre un CDD et un CDI varie selon la rémunération prise en compte

Un salarié en CDD payé au salaire de base moyen est légèrement moins bien rémunéré qu’un salarié en CDI dans la même situation. L’étude souligne que l’écart en défaveur du salarié en CDD est de 4,9%. Cet écart a tendance à diminuer car il s’établissait à 9,9% en 2009. 

En revanche, si on prend en compte le salaire global (comprenant les éléments variables comme des primes et autres compléments) l’écart de creuse et monte à 14,4%. On en déduit que ce sont les éléments variables, plus que l’écart dû au salaire de base, qui entrainent la différence de rémunération entre CDD et CDI. 

Les variables de rémunération d’un CDI sont 40,9% supérieurs à ceux d’un CDD

L’étude de la Dares montre que quand 19,1% de la rémunération d’un salarié en CDI est composée d’éléments variables de rémunération, cela ne représente que 10,7% du côté d’un salarié en CDD. L’écart est aussi flagrant quand on regarde la différence du salaire horaire moyen perçu par les salariés qui bénéficient de variables de rémunération. 

En effet, un salarié en CDD qui bénéficie d’un élément variable de rémunération est payé en moyenne 2,3 € de l’heure. Tandis qu’un salarié en CDI dans la même situation reçoit en moyenne 3,9 € de l’heure : soit 40,9% de plus que le salarié en CDD. 

 

En plus de cet écart important, on constate que seulement 70,2% des salariés en CDD bénéficient d’un élément variable dans leur rémunération alors que les salariés en CDI sont 93% à être concernés. Si l’on rentre dans le détail, on voit que les éléments les plus souvent attribués sont les primes. Les heures supplémentaires sont, elles plus utilisées par les CDI que les CDD. Enfin, les salariés en CDI sont 50,1% à bénéficier de variables n’ayant pas le caractère de salaire comme de l’épargne salariale. Les salariés en CDD, eux, ne sont que 29,4% à en bénéficier. 

 

Les variables démographiques qui expliquent la différence de salaire

L’autre élément qui joue sur la rémunération des salariés en CDD, par rapport à ceux qui sont en CDI, est leur âge. Concrètement, la Dares souligne que la moitié des salariés en CDD ont moins de 30 ans. Si l’on regarde du côté des salariés en CDI, ils ne sont que 15,8% à avoir moins de 30 ans. Il est aussi intéressant de voir que plus de la moitié des femmes sont en CDD quand plus de la moitié des hommes sont, eux, en CDI. 

Dans le même temps, la catégorie socioprofessionnelle entre aussi en ligne de compte. Ainsi, 36,1% des salariés en CDD sont des employés ou des ouvriers non qualifiés quand ils ne sont que 22,2% dans ce cas en CDI. 

On note aussi que 20,1% des salariés en CDD sont payés sur la base du SMIC alors que cela ne concerne que 7,5% des salariés en CDI. 

Enfin, la taille de l’entreprise semble jouer un rôle déterminant dans l’écart de rémunération qui existe entre les salariés en CDD et les salariés en CDI. Dans les entreprises de 100 à 499 salariés, cet écart n’est que de 2,9% alors que dans les entreprises qui comptent 500 salariés ou plus, cet écart dépasse les 23% ! Remarquons également que le secteur d’activité de l’entreprise a un impact : c’est dans le secteur du commerce que l’écart salarial est le plus grand avec une différence de 21% tandis qu’il est plus faible dans le secteur de l’hébergement et de la restauration avec 7,7%. 

Pour aller plus loin, consultez l’étude complète ci-dessous : 

 

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