Pacte de responsabilité: ça sent le roussi pour le MEDEF

Officiellement, il reste 15 milliards d’euros à distribuer dans le cadre du pacte de responsabilité, dont les effets sur la croissance n’ont convaincu personne à ce stade. La semaine dernière, Pierre Gattaz lançait un avertissement sur l’achèvement du projet gouvernemental, exprimant ses craintes de voir Manuel Valls changer son fusil d’épaule. La préparation du congrès de Poitiers, du Parti Socialiste, lui a donné raison.  

Comme nous l’indiquions, en effet, la semaine dernière, François Hollande a accepté de lâcher un certain nombre de concessions à Martine Aubry pour obtenir son soutien à sa réélection. Le congrès de Poitiers constitue une étape importante sur cette voie, et la motion contresignée par Martine Aubry apparaît comme une sorte de plate-formes électorale pour 2017.  

Or, Martine Aubry a pesé de tout son poids avant de rejoindre la motion qui devrait porter la candidature de François Hollande. Elle a en particulier obtenu que le pacte de responsabilité soit partiellement réorienté vers les entreprises en difficulté ou qui justifient le plus une intervention de l’Etat. Ce changement d’orientation bat en brèche les positions du MEDEF, qui prèche une baisse générale et indistincte des charges pour les entreprises.  

Les effets du congrès de Poitiers n’ont pas tardé à se faire sentir. Le Premier Secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, désormais « prisonnier » de sa motion à vocation majoritaire, a commencé à hausser le ton vis-à-vis de Pierre Gattaz lors d’un passage dans les médias.  

« Une commission d’évaluation est en place, elle va évaluer le Cice (Crédit impôt compétitivité emploi) et le Pacte de responsabilité. Si le patronat n’est pas à la hauteur de ses engagements -un million d’emplois en cinq ans-, on sera obligé de revoir les choses sur la base du rapport qui aura été présenté », a-t-il dit. 

« Il serait temps que le Medef se bouge, il serait temps qu’il puisse répondre aux objectifs qu’il s’est fixés lui-même: en politique, comme dans le syndicalisme, il faut respecter sa parole », a conclu Jean-Christophe Cambadélis. 

La communication chaotique de Pierre Gattaz sur le sujet devrait rapidement être au coeur du débat. Après avoir imprudemment promis un million de créations d’emplois, leMEDEF doit aujourd’hui gérer la déception politique suscitée par ses promesses… 

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