Ouverture de l’Université d’été du Medef

C’est aujourd’hui que le Medef, première confédération patronale française, lance, à l’hippodrome de Paris-Longchamp, son université d’été nouvelle mouture, renommée « Rencontre des Entrepreneurs de France ».

 

Intitulé « No(s) futur(s) », l’évènement doit permettre au patronat français de prendre un peu de hauteur en s’engageant dans les grands débats de notre époque. 

Les débats ouverts du Medef

Avec sa « Rencontre des Entrepreneurs de France », ou REF, le Medef entend ouvrir de nombreux débats, très généraux. Durant le grand raout annuel du patronat français, ses responsables proposent en effet de réfléchir au capitalisme de demain, en prenant en compte des éléments comme le climat, les conflits et les inégalités, éloignés d’une approche strictement économique. 

Afin d’animer et de faire vivre les nombreuses tables rondes prévues durant les deux jours de la rencontre, les dirigeants du Medef ont invité des personnalités venues d’horizons très divers – rappelons, certes, que ni Marion Maréchal (le Pen) ni la France Insoumise ne sont de la partie. Seront ainsi présents, entre autres, plusieurs ministres – comme Bruno le Maire ainsi que son homologue allemand, mais également Muriel Pénicaud et Agnès Buzyn – des responsables politiques – notamment Nicolas Sarkozy, Eric Woerth ou Arnaud Montebourg – des écrivains et polémistes d’orientations variées – comme Natacha Polony, Frédéric Beigbeder ou Mathieu Bock-Coté – des intellectuels – Monique Canto-Sperber et, dans un registre très différent, Monique Pinçon-Charlot – mais également des syndicalistes – Laurent Berger et Patrick Pelloux. 

Un patronat offensif

Invités à faire part, ici ou là, de leur état d’esprit à l’approche de leur université d’été, les responsables du Medef en ont profité pour camper une posture offensive. Ainsi, interrogé hier par l’AFP, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, a déploré l’évolution de la position d’Emmanuel Macron au sujet de la réforme des retraites, réaffirmant ce qu’il avait déjà dit il y a plusieurs mois, à savoir que le fait de ne pas insister sur la nécessité de reculer l’âge du départ à la retraite revenait à « mentir par omission aux Français ». Le patron des patrons s’est justifié en invoquant « l’impasse budgétaire » dans laquelle se trouverait la France à l’horizon 2025 si elle devait ne pas reculer l’âge du départ à la retraite. 

Hier également, au micro de RFI, Patrick Martin, le président délégué du Medef, a défendu ces propos de M. Roux de Bézieux, se demandant si la reculade de l’exécutif n’était pas une « manoeuvre dilatoire ». « On craint que ce soit une manœuvre dilatoire avec en toile de fond des préoccupations électorales à l’approche des municipales » a-t-il en effet déclaré. M. Martin s’est en outre inquiété des conséquences pour les entreprises du dérapage budgétaire prévisible à la suite des mesures prises par le Président de la République afin de calmer les « gilets jaunes » : « l’Etat n’a plus les moyens de sa politique: les 17 milliards qui ont été distribués l’ont été à crédit. Il ne faudrait pas que ce soit récupéré sur le dos des entreprises au moment où la conjoncture ralentit ». 

En somme : ouvert au débat, le patronat n’est toutefois pas prêt de faire évoluer ses positions. 

Afin de vous permettre de saisir les principaux enjeux des rencontres des entrepreneurs de France, nous vous proposerons, demain, un dossier complet sur la situation et les perspectives du Medef. 

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