Nouvelle CMU-c : le gouvernement contrecarre les complémentaires santé

L’extension prochaine de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-c) aux bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé (ACS) a fait vivement réagir les organismes de complémentaire santé. Le gouvernement continue malgré tout sur sa lancée et vient de communiquer avec fierté sur le sujet.

 

Dans son communiqué, le gouvernement présente la réforme comme une opportunité sans égal pour les complémentaires santé qui participeront à ce dispositif social. L’évolution du dispositif de CMU-c, qui coûtera la bagatelle de 40 millions d’euros à l’Assurance maladie, serait donc forcément positive. Les débats promettent d’être tendus d’ici le 1er novembre 2019, date d’application de la réforme. 

 

Deux sons de cloches bien différents sur la CMU-c

Pour appuyer sur les bienfaits de la réforme de l’extension de la CMU-c aux bénéficiaires de l’ACS, le ministère de la santé met en avant le fait que les complémentaires santé recevront une compensation pour la gestion du dispositif. Or actuellement aucune contribution n’est versée aux organismes qui ont fait le choix de gérer la CMU-c d’après le communiqué. 

Les versements prévus pour les frais de gestion sont de 32€ par contrat en 2020, 30€ en 2021 et 28€ en 2022. Une somme suffisante d’après le gouvernement… qui ne l’est pas du tout pour les complémentaires santé. 

La Mutualité Française et l’UNOCAM notamment ont chacun fait part de leur mécontentement. De son côté, Thierry Beaudet, président de la Mutualité Française, considère que la réforme est sous financée et a demandé aux mutuelles adhérentes de ne pas s’engager dans le dispositif tel qu’il est proposé par le gouvernement. De son côté, l’UNOCAM a rendu deux avis négatifs sur la réforme. L’un d’eux fait aussi directement référence au financement proposé par le ministère de la santé. On peut y lire que « le coefficient de majoration proposé ne permettra pas de couvrir les différents frais que devront supporter les organismes complémentaires au titre de la gestion des contrats CMU-c contributive ». Le message ne peut pas être plus clair. 

Le bras de fer entre le gouvernement et les complémentaires santé ne fait que commencer. Il se poursuivra probablement jusqu’au 1er novembre 2019 avec l’application du nouveau mécanisme de CMU-c. 

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