Licenciement individuel : la consultation des représentants du personnel est-elle obligatoire ?

Cet article a été initialement publié sur le site du syndicat FO

L’ancien article L 321-2-1 du code du travail, introduit par la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002, prévoyait que « dans les entreprises employant au moins 50 salariés où le CE n’a pas été mis en place alors qu’aucun PV de carence n’a été établi et dans les entreprises employant au moins 11 salariés où aucun délégué du personnel n’a été mis en place alors qu’aucun PV de carence n’a été établi, tout licenciement économique s’effectuant sans que, de ce fait, les obligations d’information, de réunion et de consultation du CE ou des DP soient respectées est irrégulier. Le salarié ainsi licencié a droit à une indemnité qui ne peut être inférieure à un mois de salaire brut, sans préjudice des indemnités de licenciement et de préavis qui lui sont par ailleurs dues ». 

Ces obligations de consultation n’étant prévues que pour les licenciements économiques collectifs, on pouvait donc en déduire que le licenciement individuel n’était pas susceptible de donner lieu au paiement d’une indemnité minimale d’un mois de salaire en cas de carence irrégulière d’IRP. 

Depuis la recodification de 2008, cette disposition figure désormais à l’article L 1235-15 du code du travail. Cet article ne fait plus référence à l’obligation d’information-consultation des IRP. Il est rédigé dans les termes suivants : « Est irrégulière, toute procédure de licenciement pour motif économique dans une entreprise où le CE ou les DP n’ont pas été mis en place alors qu’elle est assujettie à cette obligation et qu’aucun PV de carence n’a été établi ». 

La Cour de Cassation, dans un récent arrêt du 19 mai 2016 (Cass. soc., 19-5-16, n°14-10251), a eu à se prononcer sur la portée de ces dispositions et leur application éventuelle au licenciement économique individuel. 

En l’espèce, se fondant uniquement sur les termes de l’article L 1235-15, la cour d’appel de Paris avait accordé une indemnité de 10 000 € à un salarié licencié économiquement dans le cadre d’une procédure individuelle. La société s’était pourvue en cassation en invoquant le fait que la sanction d’un mois de salaire ne s’appliquait qu’aux seuls licenciements économiques collectifs au cours desquels la consultation des représentants du personnel est obligatoire. Pour la société, il est constant que le licenciement économique du salarié est un licenciement individuel dans le cadre duquel la consultation préalable des représentants du personnel n’est que facultative. La sanction d’au moins un mois de salaire n’était donc pas due, selon elle. 

La Cour de cassation accueille les arguments de la société et casse l’arrêt de la cour d’appel de Paris. Elle soulève que la recodification étant, sauf dispositions expresses contraires, intervenue à droit constant, il en résulte que l’article L 1235- 15 du code du travail n’est applicable qu’aux licenciements économiques collectifs visés aux articles L 1233-8 et L 1233- 28 du même code. Le licenciement étant intervenu dans le cadre d’une procédure individuelle, la sanction d’au moins un mois de salaire n’était pas due. 

 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #1 : le régime santé de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

You May Also Like

Avis d’extension d’un avenant conclu dans les transports routiers et activités auxiliaires du transport

Le ministre travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 30 avril 2026, les dispositions de l’avenant n° 17 du 12 mars 2026 relatif à la revalorisation des minima conventionnels des personnels des entreprises exerçant des activités de prestations logistiques, conclu dans le cadre de la convention collective nationale des transports routiers et les activités auxiliaires du transport (...

Avis d’avenant à la CCN de la métallurgie

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 20 avril 2026, les dispositions de l’avenant du 31 mars 2026 relatif à la modification de la composition de la CPTN, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 (IDCC 3248). ...

Avis d’extension d’un avenant à un accord et d’un accord à la CCN des prestataires de services dans le secteur tertiaire

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 30 avril 2026, les dispositions de : - L'avenant du 24 mars 2026 à l'accord du 19 avril 2016 relatif au degré de solidarité des régimes de prévoyance et de frais de santé ; - L'avenant du 24 mars 2026 à la révision de l'article 2 du texte de base de la convention collective ; - L'accord du 24 mars...