Les téléconsultations ne résolvent pas encore le problème des déserts médicaux

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude intéressante sur le recours aux téléconsultations en 2021. Étonnamment, certaines données essentielles ne sont pas exploitées dans la publication : notamment les données relatives aux téléconsultations sur lesquelles nous nous arrêtons.

Les tableaux complémentaires fournis par la Drees sont intéressants car ils portent en partie sur le recours à la téléconsultation dans les déserts médicaux (zones dans lesquelles le nombre de médecins généralistes est insuffisant par rapport au nombre de patients qui y résident).

La période de la crise sanitaire a tout de même fait exploser le nombre de téléconsultations effectuées en France. Quand on ne comptait que 80 000 téléconsultations en 2019, leur nombre est passé à 13,5 millions en 2020 et 9,4 millions en 2021. Même si cela ne représente que 5,7% de l’activité des médecins généralistes libéraux, c’est un pas important. Or, nous aurions pu nous attendre à ce que cette faculté de consulter un médecin à distance aurait permis de résoudre, au moins en partie, le problème des déserts médicaux. Nous en sommes encore loin.

Seulement 17,9% des téléconsultations sont réalisées dans des déserts médicaux

D’après l’un des tableaux complémentaires proposés par la Drees, les zones les mieux dotées en médecins généralistes libéraux (les 4e et dernier quintiles) regroupent 43,6% des téléconsultations effectuées en 2021. A l’opposé, la zone la moins bien dotée, que nous appelons désert médical, ne représente que 17,9% des téléconsultations la même année. Si l’on prend en compte les 2 zones les moins bien dotées (1er et 2e quintile), elles représentent 37% des téléconsultations effectuées en 2021.

Concrètement, le recours à la téléconsultation reste en retrait dans les zones sous-dotées en professionnels de santé. Toutefois, le tableau n’est pas si noir car on constate que la part des téléconsultations dans les zones sous-dotées est plus élevée que pour les consultations classiques ou pour les visites. Il faudra surveiller les données dans les années à venir pour savoir quelle véritable tendance se dessine.

Toujours est-il que la Drees fait également un point sur les lieux de résidence des patients qui ont eu recours à la téléconsultation d’un médecin généraliste libéral en 2021. Les données présentées permettent de comprendre en partie pourquoi la téléconsultation n’est pas la solution miracle pour mettre fin aux déserts médicaux. On voit ainsi que 44,6% des téléconsultation sont réalisées alors que le professionnel et le patient résident dans la même commune. Seulement 10,8% des téléconsultations sont réalisées entre un patient et un professionnel séparés par plus de 30 km.

Retrouvez la publication complète de la Drees ci-dessous :

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