Les syndicats craignent une multiplication des démissions en cas d’indémnisation

A l’annonce de l’indemnisation des démissionnaires par l’assurance chômage, François Hommeril (CFE-CGC) avait craint des effets d’aubaine ! Mais même avec les semblants de précisions d’Emmanuel Macron, on a du mal à ne pas s’inquiéter.  

« Je fais ce que je dis. » Avec cette formule, Emmanuel Macron souhaitait montrer qu’il mettrait en place ses promesses de campagne. Parmi elles, l’assurance-chômage universelle, dont il a laissé transparaître plusieurs nuances par rapport au projet initial, lors de sa dernière interview télévisée. 

 

Démission indemnisée et effets d’aubaine

Pour François Hommeril, président de la CFE-CGC, cette réforme risque d’avoir des effets désastreux et d’empêcher le retour à l’équilibre des comptes. « L’indemnisation des démissionnaires va créer des effets d’aubaine. Il suffira qu’un matin ou un après-midi quelque chose se passe mal dans son travail pour qu’il démissionne le soir-même (…) il saura qu’il ne prend pas le risque de se retrouver au chômage non indemnisé. Et on sait qu’il y a des centaines de milliers de personnes qui sont au bord de cette rupture-là. »  

Seulement, durant son interview d’octobre dernier, le président de la République a apporté plusieurs nuances qui devraient plus que limiter ces effets d’aubaine. Ainsi, tous les démissionnaires ne seront pas concernés par ces indemnisations. Il faudra avoir un projet professionnel solide pour voir les droits au chômage s’ouvrir. Là où l’argumentation de François Hommeril est pertinente c’est que personne ne sait actuellement ce que devra être le projet professionnel qui ouvrirait les droits au chômage. Certains parlent de reprise ou de création d’activité, d’autres de projet associatif. La seule vérité est que personne ne sait… 

Par ailleurs, si cette possibilité devait se présenter de façon égale tous les 5 ans, le délai sera peut-être finalement de 6 ans ou 7 ans. 

 

Une réforme chère : 14 milliards d’euros !

Voici donc le deuxième argument qu’avançait Monsieur Hommeril. « Les calculs sont particulièrement inquiétants. L’indemnisation des démissionnaires, sur les chiffres actuels de démission, qui sont supérieurs à un million, va générer un surcoût assurantiel estimé au minimum à 8 milliards d’euros, certains disent jusqu’à 14 milliards. » Et là malheureusement, Emmanuel Macron a préféré botter en touche en invoquant la rupture conventionnelle comme moyen pour le salarié de tricher sur le chômage que de répondre véritablement au problème.  

Pour ces deux points donc, on en sait encore trop peu se positionner. De même, c’est l’inquiétude qui risque de régner chez les entrepreneurs tant que ces notions ne seront pas clairement définies. Espérons juste que ces précisions arrivent plus vite que la composition du dernier gouvernement. 

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