Le transport routier français a-t-il un avenir ?

Plus de 17 000 places sont disponibles dans le secteur du transport routier qui est en plein essor depuis le début de l’année 2017. Cependant, force est de constater qu’elles ne trouvent pas preneur. Jeudi 27 septembre, Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération Nationale du Transport Routier (FNTR) évoquait les raisons de ce désamour pour la profession en ciblant les jeunes. 

 

 

On savait déjà que les écrans étaient censés limiter le développement cognitif des enfants. Maintenant, ils seraient même responsables de la pénurie de chauffeurs dans le secteur des transporteurs routiers. En réalité Florence Berthelot met en lumière le rapport des jeunes avec le travail qui est bien éloigné de celui des générations précédentes. 

 

Les recrutements ne couvrent plus les départs en retraite

« Il y a un problème d’ordre sociologique car les chefs d’entreprise se trouvent face à une génération de jeunes qui arrivent sur le marché du travail aujourd’hui, et qui n’ont pas la même relation au travail qu’avant. Il faut bien être conscient que cette génération, très numérique, très axée sur les smartphones, a des besoins et des rapports au travail très différents de la génération précédente.  » 

Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR 

Evidemment, il convient de nuancer ces propos. Car tous les jeunes ne restent pas scotchés à leurs écrans, et certains parviennent même à décrocher des emplois. Là où Madame Berthelot a raison, c’est que le métier souffre d’un vrai déficit d’image : le métier de routier n’est plus attractif. Entre pénibilité et salaire moindre, la profession tend à vieillir malgré les 20 000 recrutements annuels. 

 » Aujourd’hui, 30 % de nos salariés ont plus de 50 ans.  » 

David Sagnar, patron de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) 

Quelques solutions sont en place

Evidemment, la situation a beaucoup évolué depuis les débuts du métier, avec l’arrivée de nouvelles technologies. La pénibilité est donc censée baisser. Autre argument avancé par la Florence Berthelot, la qualité des contrats proposés.  

 » Nous avons des entreprises qui paient vraiment au-delà de la convention collective. Et le plus souvent en CDI ». 

L’accent va être donné sur des initiatives locales afin de créer des viviers dans lesquels les entreprises pourraient puiser après évaluation de leurs besoins. Il y a aussi un gros travail à faire sur l’image du métier qui s’est dégradé. Si Florence Berthelot affirme qu’il n’est pas trop tard pour renverser la tendance, force est de constater que des innovations technologiques pourraient faire disparaître la profession d’ici 30 ans si la problématique n’est pas réglée. Le temps est compté : l’utilisation de camions autonomes pourrait faire baisser de 50 à 70 % la demande de chauffeurs aux États-Unis et en Europe d’ici à 2030, ce qui se traduirait par la suppression de deux millions de conducteurs. 

 

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