Le service minimum dans les transports est validé par le Sénat

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CGT.

Le Sénat a adopté mardi, en première lecture, une proposition de loi pour imposer le « service minimum » dans les transports en commun, pendant les grèves. Cette proposition de loi, portée par le député Bruno Retailleau (Les Républicains), repose sur un principe de « réquisitions ». Dans une contribution, la CGT a rappelé que « le droit de grève est un droit fondamental des salariés, essentiel à toute société qui se veut démocratique ». 

Cette proposition de loi s’inscrit dans une longue série de lois visant à restreindre le droit de grève. La notion de service minimum est un vieux serpent de mer, régulièrement médiatisé par les partis de droite. 

Ces trente dernières années, plusieurs lois et décisions de justice l’ont imposé dans plusieurs secteurs d’activités. 

Dans la fonction publique hospitalière, la notion de « service minimum » a été définie par plusieurs décisions de la jurisprudence administrative. Ainsi, un arrêt du Conseil d’État du 16 juin 1982 indiquait que : « Le directeur d’un centre hospitalier doit limiter l’activité minimale aux seuls services dont le fonctionnement ne saurait être interrompu sans risques sérieux, ce qui exclut par exemple une recette de consultations externes. » 

Dans les écoles maternelles, la loi du 20 août 2008 institut un droit d’accueil des élèves des écoles maternelles et élémentaires pendant le temps scolaire. 

Quant au transport en commun, la notion de « service minimum » existe depuis la loi de 2007, « sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs », votée sous Nicolas Sarkozy. Ce texte n’a toutefois pas de réel caractère contraignant, bien qu’il oblige à se déclarer en grève quarante-huit heures à l’avance. 

D’où la proposition de loi adoptée mardi au Sénat. 

Pour notre organisation, cette proposition « revient non seulement à priver des centaines de milliers de salariés de l’exercice du droit de grève mais à nier l’essence même du droit de grève »

Dans sa contribution, la CGT rappelle que « dans la santé, comme dans le secteur de l’énergie, celui des transports, des communications et bien d’autres, les salariés en lutte savent organiser les mouvements de grèves afin que les services vitaux soient assurés ; souvent ce savoir-faire était toléré par des directions. 

Ce savoir-faire a conduit plus récemment à adopter des modalités d’action ne portant aucun préjudice aux usagers, bien au contraire (gratuité des transports, des péages, basculement des compteurs en heures de nuit). 

Mais, les pressions, les fausses réquisitions, les sanctions, les mesures autoritaires unilatérales, le remplacement illégal des grévistes ont conduit souvent à durcir les mouvements et à les prolonger inutilement avec les contentieux bien stérilisants à tout point de vue »

Pour la CGT, cette loi est irréaliste. Elle montre à quel point « ses auteurs méconnaissent les mouvements sociaux, leurs causes, leurs richesses, leur complexité, leurs effets bénéfiques pour la vie démocratique et sociale »

Aucun service minimum ne doit être instauré, ni par la voie législative, ni par la voie réglementaire, encore moins par la négociation avec les organisations syndicales. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la DGAFP évoque le cas "Alan" dans la fonction publique

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor et l'ACPR parlent du gel des tarifs des mutuelles

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

You May Also Like

Matmut verse une prime carburant à ses salariés

Ce communiqué a été diffusé par le groupe Matmut. Dans un contexte marqué par une forte incertitude géopolitique et une hausse des coûts du quotidien, notamment des dépenses de mobilité, le Groupe Matmut a souhaité apporter un soutien concret à ses collaborateurs. De juin à novembre 2026 chaque collaborateur recevra une prime de 25€ bruts par mois, sauf en cas de bénéfice d’un véhicule de fonction avec carte...
Lire plus

L’ACPR salue la robustesse de l’assurance dans son rapport annuel

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a publié son rapport annuel le 21 mai 2026. Lors de la conférence de presse, les propos de la secrétaire générale Emmanuelle Assouan et du vice-président Jean-Paul Faugère ont particulièrement attiré l'attention. Emmanuelle Assouan a tenu à saluer la solidité des organismes d'assurance dans une période assez instable : "La solvabilité du secteur de l’assurance est également très robuste, les ratios...

Agrica triple presque son résultat net combiné en 2025

Le groupe de protection sociale Agrica vient de publier ses bons résultats annuels de 2025 (communiqué en fin d'article) avec une croissance impressionnante de son résultat net. Ce résultat net combiné est passé de 8 M€ en 2023 à 12 M€ en 2024 puis 34 M€ en 2025. Une performance qui s'explique, selon Agrica, par de meilleures plus-values latentes (168 M€) et une provision pour participation aux excédents de 341 M€ sur le PER euro de CCPMA Retraite...

L’OPCO EP a un nouveau commissaire du Gouvernement

L'opérateur de compétences des entreprises de proximité (OPCO EP) vient de connaître un changement de commissaire du Gouvernement. Un arrêté paru au Journal officiel (JO) précise ainsi que Marie Wepierre qui occupait cette fonction est remplacée par Manon Bergeron. L'arrêté de nomination est disponible par ici. ...