Le point sur le nouveau projet de loi « coronavirus »

Cet article provient du site du syndicat de salariés CFDT.

Après une première série de modifications réglementaires à la fin mars portant sur le chômage partiel et les congés payés, le gouvernement s’apprête de nouveau à bousculer temporairement le droit du travail 

Le projet de loi portant diverses dispositions liées à la crise sanitaire, examiné au Sénat depuis le 26 mai, devrait en effet prochainement déboucher sur une nouvelle vague d’ordonnances et de décrets. C’est notamment le cas de l’activité partielle, pour laquelle le gouvernement envisage la création d’un « dispositif alternatif permettant d’accompagner les entreprises qui connaissent une baisse durable d’activité », en contrepartie d’engagements de maintien dans l’emploi. Le secteur de l’hôtellerie-restauration – pour lequel la date de réouverture des établissements n’a pas encore été communiquée – pourrait être concerné. À noter que les règles de l’activité partielle seront revues par décret dès le 1er juin, avec une prise en charge par l’État et l’Unédic ramenée à 85 % (contre 100 % jusqu’à présent), laissant le reste à la charge de l’employeur. D’autres dispositions, initialement prévues par voie d’ordonnances, ont en revanche été directement intégrées dans le projet de loi. C’est le cas du maintien des couvertures santé et prévoyance pour les salariés placés en chômage partiel, ardemment demandé par la CFDT depuis plusieurs semaines. 

Les relations sociales mises à mal 

Mais la principale modification du droit du travail porte sur le renouvellement des contrats à durée déterminée (CDD) et contrats de travail temporaires (CTT), dont le nombre pourrait être fixé par une « convention d’entreprise » et ainsi dépasser celui prévu par l’accord de branche ou par la loi. La règle, applicable à tous les contrats conclus jusqu’au 31 décembre 2020, « fait l’impasse sur le rôle régulateur des branches dans l’utilisation des contrats courts, s’inquiète la CFDT, qui rappelle que ces règles ne pourront être que temporaires ». Quant aux relations sociales à proprement parler, les syndicats sont vent debout contre l’amendement ouvrant le transfert de la moitié du budget de fonctionnement des CSE au financement des activités sociales et culturelles (contre 10 % actuellement). Laurent Berger n’a pas tardé à réagir, fustigeant le « n’importe quoi » de cette mesure prise sans concertation avec les organisations syndicales et qui risque de « priver d’expertise économique et sociale les représentants des salariés ». 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et solvabilité

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #12 : les grandes actus de la rentrée

You May Also Like
Lire plus

La taxe OCAM disparaît temporairement du PLFSS 2027

Les députés réunis en commission des affaires sociales ont adopté les amendements de suppression de la taxe sur les complémentaires santé prévue à l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS 2027). Cette suppression est évidemment temporaire et la taxe sera sans nul doute réinstaurée en séance publique. Ce qui est intéressant c'est de ...

Avis d’extension d’un accord territorial (Dordogne) conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie

Le ministre du travail et des solidarités, envisage d’étendre, par avis publié le 16 octobre 2026, les dispositions de l’accord territorial (Dordogne) 30 juin 2026 relatif à la détermination de la valeur de point pour le calcul de la prime d’ancienneté, à compter du 1er juillet 2026 conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie (...

Avis d’extension d’un avenant salarial dans la CCN de l’assainissement et de la maintenance industrielle

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 16 octobre 2026, les dispositions de l’avenant n° 46 du 15 septembre 2026 relatif à la réévaluation des salaires minima conventionnels au 1er octobre 2026, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de l’assainissement et de la maintenance industrielle du 21 mai 2002 (déchets liquides ...