Le numérique pourrait sauver des emplois

Cet article a été initialement publié sur le site de la CGT.

 

Les analyses prospectives démontrent que d’ici 10 ans, près d’un métier sur deux sera impacté par le numérique, l’automatisation et la robotisation. Réduire le temps de travail, c’est anticiper les ruptures technologiques et sauver des emplois menacés : un argument qui fait partie de la campagne de la CGT sur la réduction du temps de travail à 32 heures. 

Après la casse de l’outil industriel et la suppression de milliers d’emplois d’ouvriers depuis le premier choc pétrolier, ce sont maintenant les emplois intermédiaires qui sont concernés, avec 3 millions pouvant être détruits d’ici à 2025. 

Le seul moyen de renouer avec les créations d’emploi est donc de lier la révolution numérique à une réduction massive du temps de travail, hebdomadaire et sur la vie toute entière. Des constations qui font partie de l’argumentation de la CGT en faveur de l’abaissement du temps de travail à 32 heures. 

Réduire le temps de travail, c’est donc anticiper ces ruptures technologiques et sauver des emplois menacés. 

La révolution numérique devrait être synonyme de progrès social 

Comment faire pour que la révolution numérique soit synonyme de progrès sociaux, économiques, et environnementaux ? Telle était la question posée aux Rencontres d’Options, le magazine de l’UGICT-CGT destiné aux, mardi 21 octobre, à Paris. A travers la voix de Marie-José Kotlicki, Sécrétaire Générale, et rapporteure d’un rapport du CESE intitulé « les nouveaux rapports industrie/services à l’ère du numérique », l’Ugict-CGT a rendu ses conclusions pour les Ingénieurs Cadres et Techniciens autour de différents axes. 

Parmi ces conclusions, un chapitre sur le respect du temps de travail légal et une réduction effective du temps de travail : 

Forfaits en jours : « nous avons gagné marqué des points » 

Marie-José Kotlicki, est revenue notamment sur la question des forfaits en jours. « En 10 ans de bataille, nous avons marqué des points : condamnation de la France pour non-respect de la santé des travailleurs par le Conseil des droits sociaux européens, actions en justice et illégalité des accords forfaits jours dans plusieurs branches professionnelles et, dernièrement, le gouvernement est contraint de réécrire la loi sur les 35 heures pour encadrer les forfaits jours en réintégrant les éléments de la Cour de cassation. 

L’Ugict-CGT va donc proposer précisément des amendements à la loi pour faire respecter le temps de travail légal, la santé des salariés forfaités et limiter strictement son périmètre aux cadres autonomes dans l’organisation de leur travail et au plan décisionnel. Mais le gouvernement sécurise juridiquement les forfaits jours, il souhaite comme le Medef les étendre à l’ensemble des salariés du numérique et au plus grand nombre d’Ingénieurs Cadres et Techniciens. 

Droit à la déconnexion 

Nous avons aussi gagné le principe d’un droit à la déconnexion, mais celui-ci ne doit pas seulement se borner à l’interruption des mails pendant les temps de repos et qui suppose une réorganisation du travail, de revoir les conditions de travail, le suivi des charges de travail le décompte horaire du travail, donc des négociations dans les branches professionnelles et non de simples chartes d’intention sur le « devoir de déconnexion ». 

Dans la lignée de cette journée d’étude, l’Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens organise le 26 novembre 2015, à la Confédération Générale du Travail à Montreuil, un bilan d’étape et poursuit sa campagne sur le droit à la déconnexion et celle portée sur la réduction du temps de travail. 

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