La charge moralisatrice d’Elisabeth Doineau contre les Ocam

Les représentants des organismes complémentaires d’assurance maladie (Ocam) ont probablement eu quelques sifflements d’oreilles hier (mardi 18 novembre). La rapporteure générale de la commission des affaires sociales au Sénat, Elisabeth Doineau (Union centriste) n’a pas mâché ses mots pour expliquer pourquoi la taxe de 2,05% des cotisations doit figurer dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (PLFSS 2026). Elle exige que les complémentaires santé « apportent les preuves d’une remise en question ».

La rapporteure générale répondait à une question de nos confrères de Politico concernant la suppression de la taxe Ocam évaluée à 1 Md€ par l’Assemblée nationale. Mme Doineau confirme bien que le retour de cette taxe, dite exceptionnelle, est globalement souhaité par le Sénat. Cependant ses arguments font davantage penser à des prétextes qu’à de véritables raisons objectives.

Si Elisabeth Doineau commence par admettre que les complémentaires santé ont bel et bien contribué aux efforts de la crise sanitaire, elle rappelle toutefois que « lorsque Mme Vautrin avait annoncé cette contribution, ils [les Ocam, ndr] ont été aussi à même d’augmenter le montant de leurs cotisations. Ils nous ont démontré que c’étaient des augmentations qui étaient liées à ces efforts dus à des dépenses supplémentaires. Mais cela fait un petit moment que l’on en parle et ils ont quand même pris en compte cette augmentation ». Autrement dit, les complémentaires santé doivent payer les incertitudes budgétaires liées à l’incapacité du législateur à proposer un cap clair. La sénatrice reproche clairement aux complémentaires santé d’avoir augmenté leurs tarifs en 2025 dans le cas où une taxe serait décidée au dernier moment. Cela signifie clairement que les Ocam n’auraient pas dû prendre en compte ce risque pour ne pas trop augmenter leurs cotisations, quitte à faire face à un déséquilibre critique si la taxe avait, finalement, été décidée. En clair, Mme Doineau reproche aux complémentaires santé d’avoir exercé leur métier de gestion du risque, avec les moyens qui leurs sont donnés par un législateur capable d’inventer une taxe imprévue en cours d’année.

Ce contenu est réservé aux abonnés

Contactez-nous pour accéder à tous nos articles premium
Si vous un compte vous pouvez vous connecter.
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #1 : Les accords santé face aux fusions de CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #2 : Le point sur les catégories objectives dans les CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

You May Also Like

Les chambres d’agriculture de France lancent leur appel d’offres santé

Un nouvel appel d'offres santé vient d'être ouvert par les chambres d'agriculture de France. L'objectif est de trouver leur unique organisme de complémentaire santé pour couvrir l'ensemble des salariés à partir du 1er janvier 2027 et pour une durée de 5 ans. Le contrat devra également proposer la couverture facultative des ayants droit. La documentation de l'appel d'offres précise que la structure de cotisation pourra...
Lire plus

Un sénateur s’inquiète du retard du décret « PSC santé » de la fonction publique hospitalière

Nos lecteurs le savent, la mise en place de la protection sociale complémentaire (PSC) des agents de la fonction publique hospitalière (FPH) a été reportée au 1er janvier 2027. Dans cette optique, l'année 2026 devra donner lieu à d'importantes négociations dont nous publiions la méthode au début du mois de mars. En attendant, les agents prennent leur mal en patience et...

Qui veut assurer la santé collective des salariés d’Aéroports de Paris ?

La société Aéroports de Paris vient de publier son appel d'offres pour trouver son nouvel organisme de complémentaire santé collective. Cet appel d'offres est très particulier car Aéroports de Paris rappelle que la couverture porte à la fois sur les salariés actifs (plus de 30 000 selon les informations publiées par l'entreprise) et sur les anciens salariés désormais retraités qui bénéficient de régimes facultatifs qui existaient avant 2007. Cette couverture...