La CFDT veut un débat rapide sur l’avenir des pensions de réversion

Cet article est paru sur le site du syndicat de salariés CFDT

 

« Il n’est pas question de supprimer les pensions de réversion, mais il n’est pas non plus question de poser un couvercle sur ce sujet sous prétexte qu’il est épidermique. » Secrétaire national chargé des retraites, Frédéric Sève appelle à la raison.  

Dans le cadre de la réforme des retraites, impossible de ne pas s’interroger sur l’avenir de la réversion. Ce dispositif de solidarité a été conçu afin de protéger les femmes qui ne travaillaient pas en leur assurant une partie de la pension de leur mari au moment de son décès. À l’heure où les femmes sont entrées massivement sur le marché du travail, qu’un couple sur deux divorce et que le nombre de célibataires a plus que doublé en quarante ans, il soulève de multiples interrogations. « Les femmes ont aujourd’hui des durées de carrière sensiblement égales aux hommes, mais elles ont moins de droits à la retraite car leur revenu est, en moyenne, plus faible, explique Frédéric Sève. Cette inégalité est incontestable, et il faut en tenir compte au moment de penser à une nouvelle architecture du système. Est-ce que la réversion telle qu’elle existe aujourd’hui est une réponse satisfaisante pour les dix, vingt ou trente ans à venir ? C’est un débat de société que nous devons avoir sans, bien entendu, remettre en cause ce droit pour les couples qui aujourd’hui sont proches de la retraite. » 

Une solidarité à préserver 

Le sujet se révèle d’autant plus sensible que l’impact de la réversion dans le système est loin d’être négligeable. En 2016, les dépenses de réversion et d’allocation veuvage atteignaient 35,8 milliards d’euros, soit plus de 11 % de l’ensemble des pensions. Et 89 % des bénéficiaires étaient des femmes. « Ces chiffres montrent que la réversion est un dispositif de solidarité central dans notre système, qui ne peut être remis en cause d’un revers de la main, insiste Frédéric Sève. En revanche, nous devons veiller à ce qu’il protège bien les personnes qui en ont le plus besoin car il ne s’agit pas de droits acquis par une personne au cours de sa carrière professionnelle, mais bien d’un dispositif de solidarité financé par tous les cotisants. » 

Pour la CFDT, ce sujet montre, une nouvelle fois, que la réforme des retraites qui s’annonce ne peut se résumer à une réforme financière ou à un slogan comme « un euro cotisé donne les mêmes droits à tous ». Elle nécessite un débat citoyen permettant d’actualiser les grandes orientations de notre pays en matière de protection sociale en général et de retraite en particulier. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #9 : catégories objectives agréées (et autres sujets CCN)

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

You May Also Like

AT/MP et inaptitude : les textes à ne pas louper

Le Journal officiel du 10 mai 2026 est riche en textes relatifs à l'indemnisation de l'incapacité permanente des salariés victimes d'accident du travail ou de maladie professionnelle (AT/MP). Il contient également un texte sur l'avis d'inaptitude et les documents associés. S'agissant de l'incapacité permanente liée à un AT/MP, les 4 textes à retenir sont : - le décret...

IPECA publie de bons résultats pour 2025

Le rapport SFCR 2025 d'IPECA Prévoyance officialise la bonne santé de l'institution de prévoyance. On note en premier lieu que le chiffre d'affaires d'IPECA a augmenté sur un an pour atteindre 332 M€ (c'était 312,6 M€ en 2024). Les Frais de santé (cotisations directes) représentent plus de 216 M€ récoltés en 2025 (c'était 198 M€ en 2024). Par rapport à 2024 le résultat net s'améliore lui aussi pour dépasser...

La MGC publie des résultats contrastés pour 2025

La mutuelle MGC vient de publier son rapport SFCR 2025 (reproduit en fin d'article) dans lequel elle affiche des résultats forcément affectés par la mise en place de la nouvelle couverture des agents SNCF au 1er mai 2025. Premier effet notable : les cotisations récoltées augmentent de 5,75% entre 2024 et 2025 pour atteindre 190 M€ de cotisations nettes de taxes. En revanche le résultat net de la MGC dégringole de près...