Avec plus de 50 milliards € de déficit en 2020, et plus de 20 milliards € en 2021, la sécurité sociale n’est pas seulement ébranlée par un choc titanesque. Ce sont les fondements même de son modèle économique, qui repose encore très largement sur les cotisations assises sur le contrat de travail, qui sont compromis par la baisse spectaculaire de la masse salariale. Même si toute décision capitale semble gelée d’ici à 2022, une implosion du système actuel est prévisible.
En deux ans, la sécurité sociale devrait accumuler environ 75 milliards € de dettes nouvelles, dont personne n’a la moindre idée du « comment » les financer. Pour l’instant, le remède proposé par le gouvernement se borne à mettre la poussière sous le tapis : on déverse ces sommes dans la CADES, et on reporte les arbitrages douloureux aux jours meilleurs (c’est-à-dire après la réélection espérée d’Emmanuel Macron, ou après l’arrivée de son successeur). Faut-il redire ici que jamais la sécurité sociale n’avait jamais connu une situation aussi alarmante ? En 2009, au plus fort de la précédente crise, le déficits’était « limité » à 20 milliards €.