La vente à la découpe de Gras-Savoye, conséquence collatérale du rapprochement d’AON et de Willis Towers Watson, illustre les risques auxquels le « grand » courtage français s’expose en jouant avec le feu des grands fonds transnationaux. Si les opérations financières que ces fonds permettent sont juteuses pour les dirigeants, elles transforment toutefois les entités françaises en variables d’ajustement sans véritable maîtrise de leur destin. L’industrialisation progressive du courtage devrait encourager cette « perte de souveraineté », dans un contexte de baisse des rendements.
Gras-Savoye défraye la chronique. Pour éviter un abus de position dominante, la nouvelle entité regroupant AON et Willis Towers Watson devrait en effet céder la branche dommages du courtier français, et conserver la branche assurance de personnes. Cet arbitrage défait une construction lente conduite par Patrick Lucas depuis les années 60 !