Formation professionnelle et chômage : le point sur les négociations paritaires

Alors que les partenaires sociaux doivent se mettre d’accord d’ici moins de deux semaines sur les réformes, pas tout à fait anodines, de l’assurance chômage et de la formation professionnelle, nous vous proposons de faire le point d’étape sur les négociations. Les désaccords paritaires semblent plus difficiles à surmonter sur le chômage que sur la formation professionnelle. 

La formation en accéléré

Gelée par le Medef et la CPME pendant deux semaines afin de faire pression sur le gouvernement en matière de réforme de l’apprentissage, la négociation sur la formation professionnelle a repris vendredi dernier. Afin de se donner une chance de rattraper le temps perdu, les représentants patronaux ont proposé aux représentants syndicaux de se retrouver deux fois par semaine : les mercredis et vendredis, jusqu’à la mi-février. 

A la sortie de la séance de discussion qui s’est tenue vendredi, il était pour le moins difficile de dire si elle avait ou non fructueuse. Interrogée par l’AFP, Catherine Perret, pour la CGT, a assuré que les échanges n’avaient pas mené à grand chose, pour une raison simple : les négociateurs seraient « un peu otage » des multiples échanges qui se tiennent par ailleurs avec le gouvernement et les régions au sujet de l’apprentissage. S’épanchant moins, Michel Beaugas, pour FO, a toutefois lui aussi estimé que les discussions avançaient « tout doucement ». Ces jugements sévères sont accédités par la CFE-CGC, qui n’a pas mâché ses mots : « à ce rythme, on n’y est pas ». 

D’autres négociateurs semblent ne pas avoir participé à la même réunion que ces mécontents. Ainsi, Florence Poivey, la négociatrice du Medef, s’emballait, jugeant la journée « hyperconstructive ». Il est vrai qu’elle a permis au Medef d’avancer son projet d’une « contribution alternance », soit une contribution unique finançant à la fois les contrats d’apprentissage et les contrats de professionnalisation, qui serait collectée par les Opca et serait fixée à 0,80 ou 0,85 % de la masse salariale – dont 0,15 % géré par les régions. Sans préciser son opinion sur cette proposition, la CFDT s’est néanmoins également félicitée du cours pris par la discussion, évoquant une « vraie séance de négociation ». L’entrain de la CFDT est plutôt de bon augure pour la réussite de la négociation. 

Le chômage dans le dur

S’étant déroulée selon le calendrier initialement prévu, la négociation sur l’avenir de l’assurance chômage en est à sa quatrième séance sur six. A ce stade, les partenaires sociaux ont abordé deux sujets : l’indemnisation des démissionnaires et la manière de réduire le recours aux contrats très courts. Sur le premier sujet, un accord semble à portée de main entre les représentants patronaux et salariaux : les démissionnaires pourraient prétendre à une indemnisation identique à celle des salariés privés d’emploi et des démisionnaires actuellement indemnisés, à la condition qu’ils présentent au préalable un projet professionnel sérieux.  

Ce point de relative concorde paritaire ne saurait toutefois masquer les gros nuages noirs qui s’accumulent au-dessus de la négociation. Sur la question des contrats courts d’abord, les partenaires sociaux ne sont pas du tout du même avis. Au grand dam des représentants des salariés, Alexandre Saubot, le négociateur au nom du Medef, refuse jusqu’à présent d’entendre parler d’un système national et interprofessionnel visant à pénaliser financièrement les entreprises recourant plus que la moyenne à ce type de contrat. Surtout, outre ce problème des contrats, les partenaires sociaux n’ont toujours pas parlé argent : quel financement pour l’indemnisation des démissionnaires et pour résorber le déficit structurel et l’endettement de l’Unédic ? On se le demande bien… 

Relevons enfin, pour être tout à fait complet sur la situation de cette négociation, qu’elle conditionne largement l’avenir de la candidature d’Alexandre Saubot à la tête du Medef. Une négociation ratée serait fort mauvais signe pour lui, mais une négociation trop réussie – c’est-à-dire, coûtant cher aux entreprises… – nuirait également à ses ambitions patronales. 

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