Dépendance : et Macron créa la cinquième branche de la Sécurité sociale

Les temps ne sont décidément pas évidents pour les assureurs. Ce matin, la presse nationale a annoncé la présentation prochaine, par le gouvernement, d’un projet de loi relatif au financement de la dépendance et d’un autre relatif à la prorogation de la durée de vie de la caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES).

 

Pour la dépendance, l’exécutif s’oriente vers la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale. 

La prise en charge de la dépendance socialisée

D’après les informations qui circulent ici ou là, deux mesures sont au fondement des deux projets de loi gouvernementaux. Il s’agit, d’une part, du transfert de 136 milliards d’euros de dettes sociales à la CADES. Ce transfert rend nécessaire le report de dix ans de la disparition de cette institution, désormais prévu pour 2033. Il résulte notamment du coût des mesures sociales prises afin d’accompagner les entreprises et les salariés durant la crise sanitaire. 

L’autre mesure concerne le financement de la dépendance. Il doit être institué comme un cinquième risque pris en charge par la Sécurité sociale. Au départ, une fraction de la CSG permettra la prise en charge de la dépendance – le montant de 2,5 milliards d’euros en 2024 est évoqué à ce sujet. Il y a par ailleurs fort à parier que le prolongement de la CADES n’est pas étranger à la décision de socialiser le financement de la dépendance. 

Une défaite pour l’assurance

C’est sans nul doute avec amertume que les assureurs prendront connaissance de ces deux nouvelles et, tout particulièrement, de celle relative à la dépendance. Il est vrai que, dans ce dossier, la profession avait potentiellement un rôle important à jouer : a priori, la nature de ce risque lourd paraît tout aussi, sinon plus, compatible avec les principes d’une gestion provisionnée qu’avec ceux d’une gestion entièrement mutualisée. 

On pourra, certes, s’interroger sur les raisons qui ont conduit le gouvernement à préférer miser sur la Sécurité sociale plutôt que sur les sociétés d’assurance. Rappelons d’abord que le rapport Libault avait préparé le terrain à un telle orientation étatiste. Les relations complexes que les assureurs ont pu entretenir avec les pouvoirs publics ces dernières semaines, dans le cadre du financement des mesures d’urgence impliquées par la crise sanitaire, n’ont pas dû contribuer à un retournement de tendance. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM parle Grande Sécu et prévoyance

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

You May Also Like
Unocam
Lire plus

L’UNOCAM s’oppose en bloc au PLFSS 2027

Nous pouvions nous y attendre, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS 2027) ne plaît pas du tout à l'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (UNOCAM). Dans sa délibération actée le 13 octobre 2026, l'organisation rend un avis pleinement défavorable au projet de loi. L'UNOCAM y dénonce les 4 Md€ de charges supplémentaires qui pèseront sur les organismes en 2027. Les cotisations payées par les assurées en...
Lire plus

Vie, retraite, santé-prévoyance : ce que le rapport de l’ACPR dit du marché 2025

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) publie son panorama annuel des chiffres de la banque et de l'assurance pour 2025. C'était une année exceptionnelle pour l'assurance-vie et l'épargne retraite, tandis que la santé et la prévoyance affichent une croissance plus mesurée. Tour d'horizon chiffré du marché de l'assurance de personnes (rapport complet...

La branche de la bijouterie joaillerie orfèvrerie horlogerie BJOH revient sur le temps de travail des cadres

Les partenaires sociaux de la nouvelle CCN unifiée de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, horlogerie (IDCC 3251) ont signé un avenant n°2 révisant l'accord sur l'organisation du temps de travail. Daté du 23 juillet 2026, le texte a pour objet de réviser l’article 13 de l’accord du 3 octobre 2023 relatif à l’organisation du temps de travail et de rajouter un...

Cotisations AT/MP : le taux « entreprise » généralisé par décret

Le gouvernement vient de publier le décret qui généralise le calcul des taux de cotisation au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles (AT/MP) au niveau de l'entreprise. Ce texte modifie le code de la sécurité sociale pour indiquer que l'entreprise « bénéficie » désormais d'un taux unique pour l'établissement ou l'ensemble des établissements, au lieu de devoir en faire la demande selon des modalités fixées par arrêté. Ce taux applicable aux...