Déficit des retraites : une raison pour ne pas réformer selon la CFDT

Cet article a été initialement publié sur le site du syndicat de salariés CFDT.

Le 14 août dernier, le Premier ministre, Jean Castex, commandait un rapport au Conseil d’orientation des retraites (COR) en vue de réactualiser les projections financières établies en 2019 et tenir compte de la crise sanitaire et économique. Alors que l’exécutif avait décidé de suspendre l’examen des deux projets de loi instituant un système de retraite universel, il s’agissait d’effectuer un nouvel état des lieux et ainsi préparer la reprise de discussions au début de l’année 2021. 

S’il est encore hautement hypothétique que le gouvernement relance une réforme des retraites dans les prochains mois – l’ensemble des organisations syndicales y est d’ailleurs fortement opposé dans la période –, le COR a accepté de répondre à la commande… et a rendu public son premier rapport d’étape, le 15 octobre dernier. Sans surprise, le document – accessible en ligne sur www.cor-retraites.fr – montre que la chute du PIB, estimée à 10 % en 2020, devrait provoquer un déficit de 25,4 milliards d’euros (contre 1,9 milliard en 2019). « La très forte contraction des ressources ne serait pas compensée par la faible diminution des dépenses liée à la faible surmortalité des retraités enregistrée jusqu’à présent », indique les auteurs du rapport. De fait, la contraction des ressources devrait avoir des répercussions pendant plusieurs années. Le COR estime à 10,2 milliards le déficit en 2021, à 11,6 milliards en 2022, à 12,1 milliards en 2023 et à 13,3 milliards en 2024. Dans cette perspective, il faudrait attendre 2030 pour que la trajectoire financière redevienne conforme à ce qui avait été projeté en 2019 – et que la part des dépenses de retraite dans le PIB soit susceptible de diminuer progressivement. 

Pilotage de (très) long terme 

« Ces chiffres témoignent de la violence de la crise, résume le secrétaire national chargé du dossier, Frédéric Sève. Ils montrent également l’importance de piloter les retraites sur le long, voire le très long terme. Quoi qu’en pensent les tenants d’un équilibre comptable sur deux ou trois ans qui se sont fait entendre ces dernières années, on voit bien qu’il serait contre-productif de prendre des mesures d’économie dans l’urgence. » Une raison de plus pour la CFDT de ne pas rouvrir dans l’immédiat le dossier des retraites. « Il faut laisser passer l’orage ! » 

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