Dans la métallurgie, un dialogue social placé sous le sigle de l’UIMM

Engagée depuis de longs mois dans la restructuration et l’unification conventionnelles de la métallurgie, les représentants de la profession viennent de s’accorder, le 29 juin, sur deux textes relatifs à l’emploi. Deux textes qui s’avèrent favorables à l’UIMM, la puissante chambre patronale. Ils viennent matérialiser, plus généralement, l’emprise de l’UIMM sur le dialogue social de la métallurgie. 

La création des contrats de chantier

Le premier des deux accords paritaires signés dans la métallurgie par l’UIMM d’une part et la CFDT, la CFE-CGC et FO d’autre part, porte sur la création des contrats de chantier dans la profession – le contrat de chantier désignant un contrat qui peut prendre fin une fois achevé un chantier déterminé. L’accord du 29 juin dernier permet aux entreprises dont l’effectif varie entre 50 et 1000 salariés de disposer d’un effectif de salariés sous contrat de chantier qui ne pourra dépasser 10 % % de l’effectif total. Dans le cas des entreprises dont l’effectif dépasse 1000 salariés, ce pourcentage ne pourra dépasse 5 %. La durée minimale du contrat de chantier dans la branche est fixée à 6 mois et une indemnité spéciale de licenciement est instituée. La métallurgie est la première branche à tirer profit du dispositif du contrat de chantier contenu dans les ordonnances Travail. 

Le recours au travail précaire facilité

Parallèlement à cela, les mêmes organisations ont signé un accord visant à faciliter le recours au travail précaire pour les employeurs. Il réduit en effet le délai de carence entre deux contrats à durée déterminée ou entre deux missions de travail temporaire sur un même poste. L’accord assure qu’il devrait permettre de « lever les freins à l’emploi » tout en aidant les salariés à « enrichir leur expérience professionnel dans le secteur industriel ». Ces propos ne sauraient, certes, masquer le fait que ce sont avant tout les employeurs qui peuvent se satisfaire de cet accord, comme du premier d’ailleurs. Tout au long des discussions qui ont conduit à ces deux textes, la CGT, première organisation salariale dans la profession, a fait savoir tout le mal qu’elle en pensait. Elle ne les a logiquement pas signés mais n’a pas encore fait savoir si elle entendait s’y opposer. 

Un dialogue social taillé UIMM

Cette attitude de la CGT semble avoir déplu à l’UIMM. C’est en tout cas ce que l’on peut en déduire du curieux billet publié fin juin sur le site internet de l’organisation patronale, intitulé : « La CGT flirte avec la France Insoumise », et où l’UIMM se permet une critique en règle de la « radicalisation » et de la « politisation » de la CGT version Philippe Martinez. S’il est vrai que l’on n’aurait pas misé grand chose sur la composition par l’UIMM d’une ode à la CGT, il n’en demeure pas moins qu’un tel texte étonne. Il n’est pas fréquent qu’une organisation patronale déplore publiquement les orientations politiques d’une organisation salariale. Dans le cas de l’UIMM, ceci peut être interprété comme étant la preuve qu’elle maîtrise si bien les relations sociales professionnelles de la métallurgie qu’elle n’a pas grand chose à craindre à exprimer clairement ses points de vue sur ses « partenaires » salariaux. 

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