Dans la fonction publique, les handicapés laissés à l’écart

Cette alerte provient du site du syndicat de salariés CFE-CGC.

Le fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), géré par la Caisse des Dépôts, est entièrement financé par les contributions des employeurs publics n’atteignant pas le chiffre de 6 % d’agents en situation de handicap dans leurs établissements, leurs administrations, leurs ministères. 

Ce fonds sert à favoriser le maintien dans l’emploi, la compensation du handicap, le recrutement et l’emploi des personnes handicapées en adaptant leurs postes de travail et en leur proposant des formations. En 2016, leur taux d’emploi dans la fonction publique a atteint un niveau « historiquement élevé » de 5,32 % représentant 232 206 personnes. Pour ce faire, le FIPHFP a investi un montant de 157 millions d’euros mais pour la même période les contributions n’ont représenté que 132 millions d’euros, soit un déficit de 25 millions d’euros dont la CFE-CGC s’inquiète. 

Afin de maintenir le fonds pour les trois prochaines années, le budget sera abaissé à 120 millions d’euros, ce ne sera donc plus suffisant. 

Cette décision n’a été ni validée par le comité national du FIPHFP, ni par les commissions ou groupes de travail. Pire, le débat à la Convention d’Objectifs et de Gestion (COG) entre les représentants des différents ministères, les tutelles de l’Etat, les associations et les organisations syndicales n’a pa eu lieu. 

La direction du FIPHFP indique que seule une contribution de 15 euros par agent financerait le maintien dans l’emploi sur 10 ou 15 ans des bénéficiaires du FIPHFP, souhaitant ainsi limiter le financement par l’Etat. 

Pour la CFE-CGC, c’est inacceptable : il n’est pas possible de demander aux agents des fonctions publiques cette contribution supplémentaire. L’Etat a en effet déjà ponctionné trois fois 29 millions d’euros sur le FIPHFP et le même montant sur l’AGEFIPH pour couvrir d’autres besoins de financement et d’autres politiques publiques que le handicap. 

La CFE CGC propose que l’Education nationale, qui compte un million d’agents, contribue au FIPHFP comme l’ensemble des ministères, et souhaite la sécurisation du FIPHFP. 

Si le gouvernement indique faire du handicap une de ses priorités, cette question du financement n’a pas fait l’objet de mesures lors du dernier comité interministériel handicap du 20 septembre 2017. 

La CFE-CGC attend ainsi des mesures concrètes et une vraie prise en compte du handicap dans le monde du travail.  

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM parle Grande Sécu et prévoyance

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #1 : le régime santé de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

You May Also Like
Lire plus

Urgences : derrière les moyennes, la double peine du lieu et de l’âge

La Drees (service statistique des ministères sociaux) livre deux nouvelles études les urgences hospitalières à partir d'informations qui datent de 2023. Le constat est difficile car derrière la durée moyenne de passage — 3h10, contre 2h15 il y a dix ans — se dessinent deux inégalités : l'une concerne le service des urgences où l'on se présente, l'autre concerne l'âge du patient. Un état des lieux qui n'est pas sans conséquences pour les assureurs complémentaires. ...

Avis d’extension d’un avenant prévoyance à la CCN de l’industrie de salaison et charcutière en gros

Le ministre travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 3 juin 2026, les dispositions de l’avenant du 16 avril 2026 relatif au régime de prévoyance pour les salarié.e.s cadres relevant des articles 2.1 et 2.2 de l'ANI du 17 novembre 2017, conclu dans le cadre de la convention collective nationale des industries de la salaison, charcuterie en gros et conserves de viandes du...

Avis d’extension d’un avenant à un accord territorial dans la métallurgie (Drôme-Ardèche)

Le ministre travail et des solidarités, envisage d’étendre, par avis publié le 3 juin 2026, les dispositions de l'avenant n° 3 du 27 mars 2026 à l'accord territorial (Drôme-Ardèche) du 9 juin 2022, relatifs aux dispositions spécifiques aux salariés, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 (...