Coronavirus : point de situation dans le secteur de l’Assurance

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CFE-CGC.

Confrontés à une crise sanitaire et économique hors norme, les fédérations et les militants CFE-CGC s’activent au quotidien dans les branches professionnelles et les entreprises pour faire vivre un dialogue social plus indispensable que jamais.  

RÉACTION RAPIDE ET MAINTIEN DES SALAIRES« Il y a eu une réaction quasi immédiate des assureurs, Axa en tête dont le CSE central s’est réuni dès le 15 mars pour prendre des dispositions. Environ 90 % des salariés du secteur se sont retrouvés en travail à distance quasi immédiatement et, à l’exception de quelques cas particuliers, la profession a maintenu leurs salaires sans faire appel aux aides de l’État. »POSITIONS FORTES DE LA CFE-CGC« Cette réactivité a été facilitée par le fait que les partenaires sociaux sont très présents dans l’assurance avec un taux de syndicalisation de l’ordre du double de la moyenne nationale. La CFE-CGC est en tête chez Axa, Generali, entre autres, avec des positions très fortes chez Allianz, Macif, dans le courtage (premier chez Gras-Savoie, deuxième chez Eon). Par ailleurs, il y avait déjà dans l’assurance pas mal de télétravail notamment dans les métiers de gestion et de souscription. » 

CHUTE DES SOUSCRIPTIONS« L’activité de gestion a globalement suivi son cours. En revanche, les souscriptions ont accusé le coup. Dans toute la production de produits d’épargne, retraite, placements, les volumes d’activité sont tombés entre 10 et 30 % de l’ordinaire puisqu’il n’y avait plus de possibilité pour les commerciaux de voir les clients. Quand on traite par téléphone ou par écran, on n’a pas le même impact. Qui plus est, la clientèle n’avait pas forcément la tête à cela. »IMPACT ÉCONOMIQUE« On ne mesure pas encore les conséquences sociales. En ce qui concerne les assurances pures, celles pour lesquelles les clients paient des primes régulièrement, le choc est trop récent pour être évalué. Mais il va se faire sentir : si les professionnels travaillent moins, voire mettent la clé sous la porte, cela entraînera forcément une baisse de chiffre d’affaires pour les assureurs. L’assurance respire avec la santé économique des Français. » 

RETOUR DES COMMERCIAUX SUR LE TERRAIN« Agents généraux, réseaux ou salariés : une grande partie des forces commerciales est de retour sur le terrain à compter du 11 mai. Les partenaires sociaux ont obtenu des garanties de sécurité pour permettre ce redéploiement. Chez Axa, par exemple, les commerciaux recevront tous les huit jours un kit avec du gel hydro-alcoolique et des masques, tout ce qu’il faut pour se protéger eux et leurs clients. Les administratifs, de leur côté, pourront rester en télétravail jusqu’à début juin, peut-être au-delà. Mais les compagnies vont tout doucement faire revenir des gens sur les sites. On estime qu’actuellement les présents sont de l’ordre de 10 % des effectifs et qu’au 1er juin, ils seront peut-être 20 %. Des solutions se mettent en place pour éviter des flux trop importants de personnes. » 

LE CAS DES COTISATIONS AUTO« Chaque compagnie a constaté une baisse de la sinistralité automobile du fait que les gens ont beaucoup moins roulé. Par contre, j’ai entendu dire qu’on déplore un certain nombre d’accidents corporels un peu « costauds » parce que les conducteurs se sont sentis un peu plus libres et ont peut-être roulé un peu plus vite… Sur la façon de répercuter la baisse globale de la sinistralité auto, les avis divergent dans la profession : la Maif, qui a une très grande part automobile dans son portefeuille, a remboursé 50 euros à ses clients. D’autres craignent que le déconfinement entraîne une explosion de la sinistralité. Et si l’on considère les garanties prévoyance maladie et décès, les assureurs ont indemnisé de l’ordre de 30 % de plus que d’habitude. Par conséquent, les principales compagnies préfèrent attendre la fin de l’année pour regarder l’ensemble des résultats avant d’agir sur les tarifs de l’année prochaine. »ASSURANCE ET RESTAURATION : UN SUJET ÉPINEUX « Les pertes d’exploitation dans ce secteur sont le grand sujet de discussion du moment. Suite à l’action en justice d’un groupe de restauration contre un assureur, nous avons publié un communiqué pour rappeler que le risque d’une pandémie mondiale n’a jamais été prévu dans les contrats de pertes d’exploitation de ce secteur économique, hormis chez deux acteurs de la profession et sur un nombre de clients extrêmement faible. Obliger les assureurs à payer ces sommes reviendrait à les mettre en péril, alors même qu’aucun euro de cotisation n’a été encaissé pour ce risque. En liaison avec le gouvernement, les assureurs ont déjà déboursé 3 milliards d’euros pour aider les professions en difficulté. Ils vont continuer à le faire, notamment en donnant des enveloppes à leurs réseaux pour leur permettre de prendre des mesures commerciales en faveur de la clientèle. » 

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