Assurance chômage : Laurent Berger (CFDT) en plein doute

A l’approche de la publication de la lettre de cadrage gouvernemental de la négociation sur l’avenir de l’assurance chômage, les dirigeants des organisations salariales se montrent décidément fébriles. Après Pascal Pavageau, le secrétaire général de la CGT-FO, et ses problèmes de vue quant au positionnement du Medef, c’est au tour de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, de perdre son calme. 

Un « piège » à Macron

Interrogé dimanche dans les colonnes de l’Opinion, Laurent Berger a fait part de ses craintes au sujet de la prochaine négociation chômage. Il a estimé tout à fait possible que le Président de la République soit tenté de « tendre un piège » aux partenaires sociaux. « Je soupçonne surtout le gouvernement de nous tendre un piège. Nous attendons la lettre de cadrage mais je redoute qu’elle ne pose des objectifs inatteignables » a-t-il en effet affirmé. Offensif, il a promis de ne pas « laisser faire » l’exécutif en cas de négociation uniquement guidée par un impératif « budgétaire » : « Nous ne sommes pas dupes: nous n’accepterons pas la lettre de cadrage s’il n’y a qu’un angle budgétaire. Je le répète, si c’est un jeu de dupes, avec des injonctions inatteignables, et des chances de réussite faibles, alors on ne laissera pas faire ». 

La défense du bilan

Bien remonté contre l’exécutif, Laurent Berger a insisté sur le bilan positif de la gestion paritaire de l’assurance chômage. Il a ainsi vanté les mérites de l’accord sur l’assurance chômage signé au début de l’année : « sur l’assurance chômage, les partenaires sociaux ont trouvé un accord, qui permet de faire 800 millions d’euros d’économies par an » et qui doit permettre un retour « à l’équilibre budgétaire d’ici 2020 ». D’après M. Berger, ce résultat est d’autant plus notable que l’Unédic doit prendre en charge « des dépenses de la responsabilité de l’État ». « Et l’assurance chômage assume une part des dépenses de la culture – avec les intermittents du spectacle -, des dépenses de Pôle emploi, des frontaliers, alors que ce sont des dépenses de la responsabilité de l’État » précise-t-il en l’occurrence. 

La CFDT en position difficile

L’agacement affiché par Laurent Berger est probablement à mettre en lien avec la situation difficile dans laquelle se trouve la CFDT à l’approche de la négociation sur l’assurance chômage. D’une part, l’organisation modérée demeure largement mise à l’écart des processus d’élaboration des réformes sociales, bien plus en tout cas qu’elle n’en a l’habitude depuis le début des années 1990. D’autre part, M. Berger n’ignore pas que, dans le cas de la réforme de l’assurance chômage comme dans d’autres d’ailleurs, le Medef pourrait tout à fait s’accommoder des positions gouvernementales, fussent-elles défendues et portées contre le paritarisme. Dans cette configuration, le patron de la CFDT a bien compris que son organisation a bien des chances de laisser quelques plumes et de manger quelques chapeaux dans le cadre la négociation chômage à venir. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #1 : Les accords santé face aux fusions de CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

You May Also Like

Avis d’extension d’accords conclus dans la convention collective de l’édition

Le ministre du travail et des solidarités, envisage d’étendre, par avis publié le 21 mars 2026, les dispositions de l’accord du 22 décembre 2025 relatif à la révision du titre III du chapitre 3 de l'annexe IX de la convention et de l'accord du 3 février 2026 relatif aux négociations annuelles obligatoires - annexe spécifique édition phonographique, conclus dans la convention collective...

Avis d’extension d’avenants dans la convention collective de la transformation des grains

La ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, envisage d’étendre, par avis publié le 21 mars 2026, les dispositions de l’avenant n° 30 du 9 février 2026 relatif à la rémunération mensuelle minimum 2026, de l'avenant n° 31 du 9 février 2026 relatif à la prime d'ancienneté et de l'avenant n° 2 du 21 janvier 2026 à l'accord du 20 mai 2025 relatif à la liste des...

Mon soutien psy : la rémunération des experts est redéfinie

Au début du mois de mars un arrêté était publié pour préciser qui sélectionne les experts psychologues impliqués dans la sélection des psychologues agréés dans le dispositif "mon soutien psy". Ce travail est rémunéré et un autre arrêté vient d'en préciser le montant. En vérité le nouvel arrêté rectifie celui qui...