Après l’accord sur les préretraites à la SNCF, son PDG convoqué par Bruno Le Maire

L’affaire a fait grand bruit dans la presse : à rebours du recul de l’âge de départ à la retraite prévu par la dernière réforme des retraites, la direction et les syndicats de la SNCF se sont entendus le 23 avril dernier sur un accord portant sur la gestion des fins de carrière au sein du groupe et dont l’une des mesures les plus importantes consiste en la mise en œuvre d’un dispositif de retraite anticipée relativement généreux.

Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a décidé de convoquer le PDG de la SNCF Jean-Pierre Ferrandou afin qu’il s’explique sur le sujet.

Interviewé ce matin sur BFM TV, Bruno Le Maire n’a pas fait mystère de ce qu’il pense de l’accord sur les fins de carrière signé il y a quelques jours à la SNCF. Sur la forme, Il a d’une part estimé qu’un « dysfonctionnement » avait eu lieu dans le cadre de sa négociation et de son adoption.  « Un accord est signé, qui engage les équilibres financiers de la SNCF. Je n’ai pas été averti. Je reconnais bien volontiers que c’est au PDG de la SNCF de gérer les relations avec les organisations syndicales, mais le ministre de tutelle doit être tenu au courant » a précisé le ministre.

Les préretraites à la SNCF, un problème pour l’Etat

Il n’aurait, certes, sans doute rien trouvé à redire à la méthode de négociation de l’accord si, sur le fond, le texte ne lui posait pas de problème. Or, à l’évidence, ce n’est pas le cas. Bruno Le Maire l’a clairement fait savoir, estimant que ce texte n’est « pas satisfaisant ». Pour un gouvernement qui a fait de l’allongement de la durée d’activité sa seule manière d’appréhender l’enjeu des fins de carrière, on ne peine à concevoir que cet accord instituant un système de préretraite soit pour le moins problématique.

Partant de là, Bruno Le Maire a annoncé que le patron de la SNCF allait devoir s’expliquer auprès de lui dans les « tout prochains jours » des raisons et des conditions de négociation de l’accord du 23 avril. « J’attends une explication convaincante » a jugé bon de préciser le ministre de l’Economie et des Finances. En l’état, on s’interrogera toutefois sur les marges de manœuvre réelles de l’Etat sur le dossier, dans la mesure où une remise en cause du texte qui vient d’être signé à la SNCF pourrait y emporter de graves complications des relations sociales.

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