Ce n’est qu’en cette fin août 2026 qu’est sorti un rapport dédié à la lutte contre les fraudes aux prescriptions et aux facturations à l’assurance maladie pourtant daté il y a près d’un an, en octobre 2025. Ce rapport signé conjointement par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale des finances (IGF) analyse les causes de ces fraudes et dresse une liste de 15 propositions, toutes liées à une idée simple : cesser de courir après l’argent déjà versé. Si les professionnels de santé libéraux sont pointés du doigt, le rapport ne ménage pas non plus le 100% santé qui facilite, par son fonctionnement, les cas de fraude.

Le rapport, entièrement accessible ici et reproduit en fin d’article, rappelle que depuis la généralisation du tiers payant en 2016, l’assurance maladie s’engage à payer les professionnels sous 7 jours ouvrés, sous peine de pénalités. Cela conduit à ce constat implacable : en 2025, 90% des feuilles de soins électroniques sont réglées en moins de 4,4 jours. La contrepartie à cette rapidité est celle d’un contrôle assumé après paiement. Ainsi les fraude à l’assurance maladie détectées et stoppées s’élevaient à 628 M€ en 2024 (à rapporter à un total de 244 Md€ de dépenses !). Cette somme qui peut sembler élever reste toutefois très loin de la fraude estimée par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) qui s’établit entre 1,4 et 1,9 Md€.