Cette étude a été diffusée par Willis Towers Watson.
| La Défense, le 13 avril 2026 : Sous l’effet combiné des réformes réglementaires, de l’inflation médicale et du vieillissement de la population assurée, les dépenses de santé remboursées au titre des régimes complémentaires collectifs affichent une dérive de +4,9 % sur l’année 2025. Selon l’analyse annuelle de WTW (Willis Towers Watson, NASDAQ : WTW), l’un des leaders mondiaux du conseil et du courtage en assurance, cette accélération de la dérive, amorcée dès 2023, devrait se poursuivre en 2026 pour atteindre +5,1 %, dans un contexte de désengagements successifs de l’Assurance Maladie et de revalorisations des tarifs des professionnels de santé. |
| Une tendance haussière qui s’installe durablement L’analyse annuelle de WTW révèle une dérive annuelle moyenne des prestations de santé de +3,8 % entre 2018 et 2025, une tendance qui s’accélère nettement pour atteindre une moyenne de +5,1 % par an sur la période 2023-2026. Cette accélération inédite s’explique notamment par l’intensité des réformes réglementaires et conventionnelles, ainsi que par les revalorisations de tarifs qui pèsent directement sur les régimes de frais de santé (refonte de la convention dentaire, hausse des bases de remboursements en médecine de ville…). En comparaison, l’augmentation annuelle moyenne du Plafond Annuel de la Sécurité sociale (PASS), principal indicateur servant de base au calcul des cotisations, sur la période 2018-2026 est restée limitée à +2,4 %. Ce niveau s’avère désormais insuffisant pour compenser la hausse réelle des prestations. Les contrats indexés sur le seul PASS ne permettent donc plus, à eux seuls, de garantir l’équilibre financier des régimes de santé. Une accélération des remboursements portée par l’hospitalisation et la pharmacie En 2025, les prestations moyennes par bénéficiaire ont progressé de +4,9 % par rapport à 2024. Si l’année a connu des moments de stabilité, des pics de consommation ont été observés en septembre et décembre, dépassant les +9 %. Les postes sur lesquels la dérive a été la plus soutenue sont les suivants : – L’hospitalisation (+8 %) : tirée par la hausse des tarifs et une fréquence accrue des actes de chirurgie et de la chambre particulière. – Les consultations, la médecine courante et la pharmacie (+6 %) : des postes fortement impactés par les nouvelles conventions médicales et l’évolution du calendrier vaccinal. – L’optique et le dentaire (+3 %) : des hausses plus contenues mais réelles, portées par la fréquence de consommation (lentilles, orthodontie précoce). |

Cette dérive s’explique par des facteurs structurels, comme le vieillissement de la population ou l’évolution des pratiques médicales, ainsi que par la prise d’effet de mesures réglementaires ou de revalorisations tarifaires majeures. A titre d’exemple, on peut notamment citer : – La revalorisation de la consultation des généralistes (de 26,50 € à 30 €) et de certains spécialistes. – Le déploiement massif de nouvelles campagnes vaccinales (méningocoque et papillomavirus humain) et le recours accru aux médicaments innovants coûteux). – La forte hausse de la consommation chez les auxiliaires médicaux (kinésithérapeutes, sages-femmes). Les mesures à venir accentueront la pression en 2026 L’année 2026 devrait confirmer la dynamique inflationniste du secteur. Les équipes actuariat en Assurance de Personnes de WTW soulignent l’impact combiné des revalorisations tarifaires des professionnels de santé déjà prévues et des nouveaux transferts de charges vers les complémentaires souhaités par le Législateur. Sont notamment concernés les actes de spécialistes, de kinésithérapie et les forfaits hospitaliers, dont le coût journalier grimpe de 15 % en mars 2026. Au regard de ces éléments, et selon les projections de WTW réalisées sur un portefeuille de 2 millions de bénéficiaires, la dérive estimée des prestations pourrait atteindre +5,1 % en 2026. |
« Le cycle de dérive élevée observé depuis 2023 se confirme. L’accumulation des réformes et le désengagement de l’Assurance Maladie créent un déséquilibre croissant pour les régimes de frais de santé. Pour les entreprises, la seule indexation sur le PASS n’est plus un rempart suffisant face à une dérive qui s’établit structurellement autour des 5 %. Si la hausse des prestations reflète une meilleure prise en charge des assurés, comme sur les vaccins ou la myopie, elle impose aussi une responsabilité accrue aux acteurs du secteur. Il devient donc crucial de piloter ces contrats avec une vision prospective pour garantir que la protection sociale reste un socle de solidarité pérenne, tout en protégeant le pouvoir d’achat des salariés. », conclut Noémie Marciano, directrice de l’activité assurance de personnes, WTW en France. |
| ———— 1Analyse menée sur le portefeuille WTW en comparant les prestations survenues du 1er janvier au 31 décembre de l’année 2025 par rapport à la même période de l’année 2024. Les résultats portent exclusivement sur les entreprises présentes sur les deux périodes étudiées. |
« Le cycle de dérive élevée observé depuis 2023 se confirme. L’accumulation des réformes et le désengagement de l’Assurance Maladie créent un déséquilibre croissant pour les régimes de frais de santé. Pour les entreprises, la seule indexation sur le PASS n’est plus un rempart suffisant face à une dérive qui s’établit structurellement autour des 5 %. Si la hausse des prestations reflète une meilleure prise en charge des assurés, comme sur les vaccins ou la myopie, elle impose aussi une responsabilité accrue aux acteurs du secteur. Il devient donc crucial de piloter ces contrats avec une vision prospective pour garantir que la protection sociale reste un socle de solidarité pérenne, tout en protégeant le pouvoir d’achat des salariés. », conclut Noémie Marciano, directrice de l’activité assurance de personnes, WTW en France.