C’est vendredi dernier, le 30 janvier 2026, que les représentants des organismes complémentaires d’assurance maladie (Ocam) avaient rendez-vous avec les ministres de la santé, Stéphanie Rist, et des comptes publics, Amélie de Montchalin. Thomas Fâtome était également de la partie. Avec un mois de retard, il semble que la Mutualité française, la FIPS, France Assureurs et l’UNOCAM aient enfin adopté un discours commun.
Alors que la réunion devait porter sur les mesures à mettre en place pour éviter de répercuter sur les assurés des Ocam la taxe exceptionnelle d’1 Md€ qu’ils doivent régler en 2026, il semble que les discussions aient pris une autre tournure.
Selon le communiqué commun, qui n’a certes rien de triomphant, les représentants des Ocam ont acté leur refus de parler des politiques tarifaires de leurs membres afin de ne pas violer le droit de la concurrence (la fameuse entente sur les prix mise en avant par la FIPS). Puis ils ont expliqué pourquoi ils n’appliqueraient pas le gel des tarifs censé s’appliquer en vertu de l’article 13 de la loi de financement de la sécurité sociale. Il faut dire que cette mesure mettrait en danger bon nombre d’organismes, ne serait-ce qu’en termes de respect des règles prudentielles.
Cette réunion ministérielle a donc eu pour seule vertu d’aligner les discours et de laisser entrevoir la porte de travaux associant les ministères concernés en vue de proposer des mesures dans les 5 domaines suivants : « accès aux soins, efficience, prévention, lutte contre les fraudes et lutte contre la financiarisation ». Au-delà de cette prise de position qui n’a finalement rien de novateur, on comprend que cette réunion renvoie en réalité aux travaux de la mission sur l’articulation entre assurance maladie obligatoire (AMO) et assurance maladie complémentaire (AMC) qui vient de démarrer.
En attendant, les professionnels de l’assurance santé sont encore livrés à eux-mêmes face aux nombreuses réclamations d’assurés et adhérents qui contestent la hausse de leurs cotisations. Les représentants des Ocam seraient bien avisés d’envoyer à leurs membres les arguments juridiques et commerciaux « clefs-en-main » pour répondre à ces demandes.