La FMF veut en finir avec la taxation des complémentaires santé mutualistes

La fédération des mutuelles de France (FMF) a récemment engagé une campagne de communication dans le cadre de laquelle elle revendique la fin de la taxation des complémentaires santé mutualistes.

Intitulée « pas de taxe sur ma santé », cette campagne dénonce d’abord le niveau de la taxation des contrats de complémentaire santé. S’élevant « à 14,1% ou à 21,1% du montant de la cotisation », les taxes sur les complémentaires « prélèvent injustement presque 2 mois par an (et 2 mois et demi dans certains cas) » de cotisations des assurés. Ceci représente un niveau supérieur aux taxes sur les hamburgers ou sur les « produits de luxe ». Quoi qu’il en soit, ces taxes privent les assurés d’une quantité importante de prestations, déplore la FMF.

Du point de vue de la FMF, il apparaît, certes, que ce sont les cotisations pesant sur les organismes mutualistes qui sont les plus problématiques. Elle les considère en effet d’autant plus « injustes » qu’elles « frappent de la même façon des acteurs à but non lucratif et des organismes rémunérant des actionnaires ».

Partant de cette argumentation, la FMF demande de « supprimer les taxes sur les cotisations mutualistes ». Elle invite ses adhérents, ainsi que, plus généralement, les assurés sociaux, à s’adresser aux parlementaires représentant leur territoire, afin qu’ils « examine[nt] avec attention le problème » concerné.

Si, sur le fond, la démarche de la FMF ne manque pas d’intérêt – bien au contraire – elle appelle toutefois deux remarques. On s’interrogera d’une part sur le calendrier qu’elle a retenu, alors que l’examen parlementaire du PLFSS 2023 n’en est plus vraiment à ses débuts. D’autre part, on posera la question de la pertinence, aussi bien juridique que politique, d’un traitement différencié des différentes familles d’assureurs santé.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
1 comment
  1. La campagne actuelle est dans le prolongement des demandes antérieures, au PLFSS 2023 et aux PLFSS des années précédentes. Sur la santé, une campagne des années 80 s’intitulait: « mon corps n’est pas une bagnole ». Des Présidents de la République (Hollande, Macron) sont venus dire, lors de Congrès de la FNMF, qu’ils demanderaient la suppression des taxes sur la santé, rendant du pouvoir d’achat aux assurés. La réalité économique présente deux catégories: des organismes privés à but lucratif et des organismes privés à but non lucratif. Laissons la justice trancher de la pertinence d’une taxation différenciée. Pourquoi le gouvernement refuse une taxation des super profits des banques et des compagnies pétrolières alors qu’il n’hésite pas taxer les résultats excédentaires des complémentaires?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #12 : les grandes actus de la rentrée

You May Also Like

Pierre Ricordeau assure la présidence par intérim du HCFIPS

Le Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFIPS) est orphelin de son président depuis la mort de Dominique Libault au début du mois d'août 2026. Un arrêté ministériel vient de nommer Pierre Ricordeau à la vice-présidence du HCFIPS avec pour mission d'assurer la présidence par...
Lire plus

Rapport AMO/AMC : ces 3 recommandations à bien garder en mémoire

La publication du rapport consacré à l'articulation entre l'assurance maladie obligatoire (AMO) et l'assurance maladie complémentaire (AMC) a fait les gros titres pour ses propositions qui répondent globalement aux attentes des organismes complémentaires d'assurance maladie (OCAM). Le document ne propose pas vraiment de révolution : le système de protection sociale resterait...

Avis d’extension d’un avenant à l’accord collectif départemental des exploitations et entreprises agricoles du Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 32 du 7 mai 2025 relatif à la la revalorisation des salaires minimaux et la mise à jour des grilles de rémunérations territoriales applicables aux salariés des exploitations et entreprises agricoles du département du Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant complémentaire frais de santé et prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 5 du 3 juillet 2026 à l'accord départemental instituant une assurance complémentaire frais de santé et un régime de prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant dans la production agricole et CUMA de Nouvelle-Aquitaine

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 1 du 23 juin 2026 à un accord collectif concernant l'instauration d'une cotisation patronale destinée à financer un fonds mutualiste dans le cadre de l'inaptitude professionnelle du salarié dans les branches production agricole-coopératives d'utilisation de...

Avis d’extension d’un accord interdépartemental sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’accord interdépartemental Allier, Cantal, Haute-Loire, Lozère, Puy-de-Dôme du 10 juin 2026 sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture IDCC...