Etude Malakoff Médéric sur les arrêts maladie : les principaux enseignements

A l’heure où le gouvernement entend lutter contre la progression des dépenses liées aux arrêts maladie, Malakoff Médéric publie aujourd’hui une étude sur ce sujet – étude que nous reproduisons ci-dessous. Ampleur du phénomène, origine des arrêts de travail et pistes de réflexion pour les prévenir et limiter leur impact sur la vie des salariés, des entreprises et de la collectivité : l’étude propose un tour d’horizon instructif. 

 

Un phénomène massif et structurel

L’étude du GPS relève deux éléments qui témoignent du caractère à la fois massif et structurel du phénomène que constitue le recours aux arrêts maladie en France. D’une part, elle indique que « la prévalence, la fréquence et la durée moyenne des arrêts maladie sont stables » depuis 2012, sauf dans le cas des « arrêts longs (supérieurs à 30 jours) dont la durée moyenne augmente fortement ». D’autre part, elle souligne que « 42 % des salariés interrogés en 2018 se sont vus prescrire un arrêt maladie au cours des 12 derniers mois ». Le recours aux arrêts maladie est donc largement répandu dans la population active. 

Encore faut-il d’ailleurs préciser qu’il devrait l’être davantage. La note précise en effet que près d’un quart des arrêts maladie prescrits n’a pas été respectés par les assurés, notamment chez les cadres et dirigeants : « 23 % des arrêts maladie prescrits en 2018 n’ont pas été respectés (un chiffre en hausse de 4 points par rapport à 2016) : 8 % des arrêts ont été pris, mais pas en totalité, et 15 % n’ont pas été pris du tout ». Autrement dit : alors que, comme le rappelle l’étude, le coût des indemnités journalières a dépassé 7,2 milliards d’euros en 2016, les comportements des Français contribuent à alléger la facture. 

Des origines majoritairement personnelles

Outre ces éléments de quantification générale du phénomène, l’étude du GPS avance des statistiques relatives à l’origine des arrêts de travail. Il s’avère intéressant de relever que, dans l’ensemble, 61 % des arrêts ont une origine « exclusivement » personnelle, contre 9 % « exclusivement » professionnelle. Surtout, on apprend que, quelle que soit la durée des arrêts maladie, ils ont systématiquement une origine qui, en majorité, est « exclusivement » personnelle. 

Dans le détail, l’étude informe l’origine des arrêts en fonction de leur durée. On peut noter que plus l’arrêt est court, plus il a une cause « exclusivement » personnelle. Ceci étant dit, les arrêts longs, de plus de 30 jours, n’ont qu’à 16 % une cause « exclusivement » professionnelle, et à 52 % une cause « exclusivement » personnelle. 

Les employeurs découvriront sans doute ces chiffres avec intérêt. 

Des pistes de réflexion

Quoi qu’il en soit de ces considérations, l’assureur rappelle que les arrêts de travail ont souvent pour conséquence, pour les entreprises, une « désorganisation, baisse d’efficacité opérationnelle, perte de productivité », pour les travailleurs, un « risque de désinsertion professionnelle » et pour la collectivité, un coût croissant. Aussi avance-t-il plusieurs pistes de réflexion destinées à prévenir ce phénomène. 

Afin de « maîtriser » les arrêts courts, il estime que la mise en place de dispositif prévention santé ou d’une politique sur la qualité de vie au travail, ainsi que le recours au télétravail sont de bons outils. Le gouvernement appréciera cette mention au télétravail. Afin de faire face au problème des arrêts plus longs, le GPS évoque un plus grand nombre d’actions possibles : outre la QVT et la prévention santé, la prévention des risques professionnels, l’accompagnement des salariés en situation de fragilités, l’accompagnement au retour à l’emploi et le maintien dans l’emploi des seniors. 

Des pistes à creuser, dans la mesure où il est fort probable qu’avec la réforme des retraites en cours de préparation, les salariés âgés, qui recourent plus que les autres aux arrêts de travail, vont devoir travailler plus longtemps encore… 

 

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