General electric : la CGT dénonce l’attitude de la direction

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CGT.

Le groupe General electric, propriétaire de la branche énergie d’Alstom depuis 2014, a volontairement affaibli sa branche française, organisant la mise en déficit de General electric Belfort. La société a annoncé la suppression d’un millier de postes sur son site de Belfort, dont 792 dans la seule production de turbines à gaz. 

General electric a organisé un naufrage industriel. C’est la conclusion du rapport, rendu le 24 juin dernier, par le cabinet d’experts indépendant Secafi, mandaté par le comité social et économique (CSE) de General electric France pour étudier les comptes de l’entreprise. 

Les experts soupçonnent le groupe américain d’avoir mis en place une stratégie financière afin d’affaiblir sa branche française, notamment à travers un système de transactions à l’intérieur même du groupe. 

Une pratique appelée « prix de transfert » : « Lorsqu’il y a des prix de transfert au sein d’un groupe, la société tête de groupe peut décider unilatéralement d’enrichir ou d’appauvrir une des sociétés de son groupe… en modifiant le prix des échanges entre elle et ses filiales ou entre ses filiales. […] 

Lorsque cela arrive, le transfert des bénéfices en dehors de France entraîne souvent des conséquences négatives sur les rémunérations des salariés français et sur la pérennité de leurs emplois », constatent les experts dans le rapport portant sur la branche française du géant américain, GEEPF (General electric energy products France). 

La branche française doit aussi verser des royalties à la maison mère pour utiliser la technologie de turbines à gaz. Chaque fois qu’elle fabrique un engin, la filiale française doit rémunérer la société Gas turbine controls, propriétaire des brevets. Pour trois modèles fabriqués, « les turbines engendrent un paiement de royalties supérieur à leurs marges ». 

En somme, plus le site de Belfort produit, plus il perd de l’argent. La stratégie financière est une aberration à de nombreux niveaux. 

Rapport Alstom par le cabinet d’experts indépendant Secafi 

Entre 2009 et 2018, « le groupe a prélevé plus de dividendes que l’entreprise n’a généré de résultat ». Entre 2008 et 2018, le groupe General electric a consacré seulement 8 % de ses revenus en cash aux investissements, contre 21 % réservés à la rémunération des actionnaires.« Depuis 2010, le groupe a remonté 1,3 milliard de dividendes, affaiblissant ainsi les capacités financières de l’entreprise. Le maintien dans l’entreprise d’une partie de ces réserves, issues de sa performance passée, lui aurait permis de faire face aux difficultés actuelles », estiment les experts. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM revient sur l'impact de la généralisation de la complémentaire santé

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

You May Also Like
Lire plus

La taxe OCAM disparaît temporairement du PLFSS 2027

Les députés réunis en commission des affaires sociales ont adopté les amendements de suppression de la taxe sur les complémentaires santé prévue à l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS 2027). Cette suppression est évidemment temporaire et la taxe sera sans nul doute réinstaurée en séance publique. Ce qui est intéressant c'est de ...

Avis d’extension d’un accord territorial (Dordogne) conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie

Le ministre du travail et des solidarités, envisage d’étendre, par avis publié le 16 octobre 2026, les dispositions de l’accord territorial (Dordogne) 30 juin 2026 relatif à la détermination de la valeur de point pour le calcul de la prime d’ancienneté, à compter du 1er juillet 2026 conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie (...

Avis d’extension d’un avenant salarial dans la CCN de l’assainissement et de la maintenance industrielle

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 16 octobre 2026, les dispositions de l’avenant n° 46 du 15 septembre 2026 relatif à la réévaluation des salaires minima conventionnels au 1er octobre 2026, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de l’assainissement et de la maintenance industrielle du 21 mai 2002 (déchets liquides ...