Les hôteliers et restaurateurs nostalgiques de la vraie vie nocturne en France

En France, la nuit est un secteur créateur de richesses et d’emploi. La pays compte aujourd’hui environ 6500 établissements de nuit, pour un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards d’euros. Sauf qu’en 30 ans, le secteur a beaucoup évolué que ce soit en subissant de plein la fouet la crise économique ou en observant de nouvelles dynamiques de consommation. Le 2 octobre, l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) a organisé son premier colloque intitulé “La nuit en France : évolution des modes de consommation et prévention des risques addictifs” pour mieux cerner les nouvelles tendances et mieux accompagner les professionnels. 

De l’aveu de Roland Héguy, président confédéral de l’Umih, la nuit est un secteur créateur de richesse, d’emploi et fait partie intégrante de l’offre touristique. De son côté, Jean-Baptiste Lemoyne a confirmé la nécessité d’une vie nocturne “pétillante” et “festive” à destination des français et des visiteurs étrangers. Et sa volonté d’accompagner les professionnels va dans ce sens. 

L’état des lieux du monde de la nuit

Le bilan que dresse l’Umih se base sur une étude de la SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). En 30 ans, près de la moitié des discothèques du territoire aurait disparu. La SACEM recense 2696 établissements avec un contrat “Discothèque et Bar dansant”, estimant à environ 2000 le nombre de discothèques en 2013. Entre 2008 et 2010, 800 établissements ont fermé, entraînant une chute du chiffre d’affaires de 30%. Parallèlement à ce phénomène, les BAM et les RAM (Bars et Restaurants à Ambiance Musicale) ont proliféré. Aujourd’hui, on en dénombre près de 4000.  

L’étude montre aussi un attrait de plus en plus fort pour les soirées privées, où il est possible de s’amuser à moindre coût.  

” Les soirées privées, moins chères et sans contrôle réglementaire, entraînent une désaffection pour les lieux commerciaux. “ 

Laurent Lutse, président de la branche café, brasseries, établissements de la nuit de l’Umih 

60% des discothèques n’ouvrent plus que deux à trois jours par semaine (week-end et jeudi soir) 

Les BAM et RAM répondent à une demande de la clientèle qui « entame la fête beaucoup plus tôt, dès 18 heures, avec des soirées type after-works, qui se poursuivent par étapes jusque tard dans la nuit : dîner, puis ambiance lounge, puis ambiance club » pour Aurélien Dubois, président de la Chambre Synidcale des Cabarets Artistiques et discothèques 

 

L’Umih tire la sonnette d’alarme et propose de réinventer la nuit

Le constat est simple : les discothèques n’ont plus la cote. Trop chères, trop strictes, et ne correspondant pas au train de vie des consommateurs. Pourtant, les patrons ont bien tenté de ramener de nouveaux concepts mais la sauce ne prend pas.  

Comment faire revenir le public sur les “dancefloor” ? C’est assez simple : il faut créer un monopole. Pour cela, huit pistes de réflexion ont été abordées et toutes abondent dans ce sens. L’une des plus marquantes est la première qui est de “mettre un terme au commerce illégal et à la concurrence déloyale“. Sous couvert de vouloir faire une bonne action en régularisant la vente d’alcool surtout pour préserver les jeunes, on pourrait aussi logiquement se poser la question de savoir si ce n’est pas juste une question de gros sous, surtout lorsque l’on pense que le monde de la nuit représente 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #2 : Le point sur les catégories objectives dans les CCN

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

Vous pourriez aussi aimer
Lire plus

Les 3 points clefs de l’avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

Les organismes de complémentaire santé savent enfin quelles sont les nouvelles cotisations frais de santé applicables le 1er janvier 2026 dans la convention collective nationale des bureaux d'études techniques et sociétés de conseil (dite CCN Syntec, IDCC 1486). C'est peu dire que le texte était très attendu depuis sa signature le 22 octobre 2025. Nous ...
Lire plus

PSC santé : le point sur la polémique à l’Education Nationale

Préparant activement l'entrée en vigueur, au 1er mai prochain, de son nouveau dispositif de protection sociale complémentaire (PSC) santé, assuré par le tandem MGEN-CNP, le ministère de l'Education Nationale fait face à une polémique publique relative au calibrage paramétrique des contrats. A la mi-novembre, le député de "la France Insoumise" (LFI) Paul Vannier a publicisé ...

Avis d’extension d’un avenant les scieries agricoles, exploitations forestières et rouissage, teillage du lin

La ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 28 novembre 2025, les dispositions de l’avenant n° 1 du 7 novembre 2025 à l'accord national relatif à l'activité partielle de longue durée « rebond » pour répondre à une baisse durable d'activité dans les scieries agricoles, les exploitations forestières et le rouissage, teillage du lin (...
Lire plus

Les prothèses capillaires et fauteuils roulants intègrent dès aujourd’hui les contrats responsables

Tous les professionnels de la complémentaire santé attendent de pied ferme l'application des réformes visant la prise en charge des fauteuils roulants et des prothèses capillaires. Un décret paru le 27 novembre 2025, en vigueur dès aujourd'hui, 28 novembre 2025, intègre officiellement ces nouvelles prestations dans le cahier des charges des contrats responsables et solidaires. ...