Dialogue social compliqué dans la branche des pompes funèbres – 10/12/2014

Les obstacles que rencontrent les partenaires sociaux des pompes funèbres (IDCC 759, près de 22000 salariés) dans le cadre des discussions sur la complémentaire santé résument à eux seuls l’état du dialogue social dans la branche. 

Négocieront, ne négocieront pas ? 

Lors de la commission paritaire du 23 juin 2014 consacrée à la question de la complémentaire santé, les organisations patronales du secteur (CPFM et FFPF) annoncèrent l’abandon des négociations, qui étaient pourtant proches d’aboutir. Les entreprises du secteur étaient ainsi laissées libres de mener leur politique en la matière. 

En désaccord avec cette décision, la CFTC, suivie par FO, revendiquent depuis la reprise des discussions. Misant sur le fait que les pouvoirs publics ne retoqueront pas la relance de négociations certes tardives mais pour autant destinées à améliorer le quotidien des salariés, la centrale chrétienne tente de profiter des réunions paritaires du mois de décembre (réunions du 04/12 et du 11/12) afin de remettre le sujet sur la table. L’idée serait au final d’aboutir à une procédure souple de labellisation, à partir d’un contrat-type. 

Rien ne garantit toutefois que les employeurs accepteront de revenir sur leur décision. Cette dernière résultait en effet, en grande partie, de leurs difficultés à trouver des interlocuteurs avec qui établir un partenariat social stable et fécond. Or, aucune amélioration n’est en vue dans ce domaine. 

Un partenariat social difficile à établir 

Il faut dire que les difficultés, dans cette branche, ne datent pas d’hier. Il y a un an, lors des négociations annuelles obligatoires portant sur les revalorisations salariales pour l’année 2014, seules la CFTC et FO ont signé un accord avec le patronat. Mais ces deux organisations ne totalisent pas, ensemble, les 30 % des voix aux élections professionnelles de branche requis afin que l’accord soit validé. Aucune autre organisation n’a rejoint la CFTC et FO et la branche n’a donc pas connu de revalorisation salariale générale en 2014. Cet échec de la négociation salariale de branche prend une tout autre dimension s’il est mis en lien avec le serpent de mer de la branche : la formation professionnelle. 

Sur cette question et durant ces trois dernières années, les Pompes Funèbres se sont régulièrement retrouvées dans la ligne de mire de la Direction Générale du Travail. Première organisation syndicale en nombre voix, la CFDT s’était entendue avec le patronat, en octobre 2011, afin de désigner OPCALIA comme organisme collecteur pour la formation professionnelle. Or, la DGT a toujours refusé de reconnaître la validité de cet accord dans la mesure où la CFDT n’est pas signataire de la CCN de branche. Ce n’est que très récemment, en novembre 2014, que la CFTC a accepté d’apposer sa signature à l’accord afin de lui permettre d’entrer en vigueur. 

Relancer des négociations… mais avec qui ? 

Faisant face à des syndicats qui ne réussissent pas à former une coalition pouvant légitimement négocier et signer des accords, le patronat du funéraire a beau jeu de réduire au minimum sa participation et ses engagements dans le domaine conventionnel. La volonté d’apaisement affichée par la CFTC sur le sujet de la formation professionnelle allait-elle donc permettre un réchauffement des relations entre syndicats, et partant de là, une reprise des négociations sur la complémentaire santé ? 

La réunion du 4 décembre sur la négociation salariale de branche a apporté un premier élément de réponse à cette question. L’absence de la CFDT et de la CGT, qui représentent près de 55 % des voix dans la branche, ne permet pas de penser que les conditions sont réunies pour une vraie relance du dialogue social. La prochaine réunion, qui se tient le 11 décembre, permettra-t-elle, à elle seule, de surmonter tous les obstacles qui empêchent l’établissement de relations apaisées entre les différentes parties ? Rien n’est moins sûr. Encore faudrait-il, d’ailleurs, que toutes ces parties soient présentes lors de cette réunion… 

 

 

 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #6 : les grandes actualités CCN santé-prévoyance de la rentrée 2026

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #4 : zoom sur les dernières grandes actus CCN santé/prévoyance

You May Also Like

Matmut verse une prime carburant à ses salariés

Ce communiqué a été diffusé par le groupe Matmut. Dans un contexte marqué par une forte incertitude géopolitique et une hausse des coûts du quotidien, notamment des dépenses de mobilité, le Groupe Matmut a souhaité apporter un soutien concret à ses collaborateurs. De juin à novembre 2026 chaque collaborateur recevra une prime de 25€ bruts par mois, sauf en cas de bénéfice d’un véhicule de fonction avec carte...
Lire plus

L’ACPR salue la robustesse de l’assurance dans son rapport annuel

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a publié son rapport annuel le 21 mai 2026. Lors de la conférence de presse, les propos de la secrétaire générale Emmanuelle Assouan et du vice-président Jean-Paul Faugère ont particulièrement attiré l'attention. Emmanuelle Assouan a tenu à saluer la solidité des organismes d'assurance dans une période assez instable : "La solvabilité du secteur de l’assurance est également très robuste, les ratios...

Agrica triple presque son résultat net combiné en 2025

Le groupe de protection sociale Agrica vient de publier ses bons résultats annuels de 2025 (communiqué en fin d'article) avec une croissance impressionnante de son résultat net. Ce résultat net combiné est passé de 8 M€ en 2023 à 12 M€ en 2024 puis 34 M€ en 2025. Une performance qui s'explique, selon Agrica, par de meilleures plus-values latentes (168 M€) et une provision pour participation aux excédents de 341 M€ sur le PER euro de CCPMA Retraite...

L’OPCO EP a un nouveau commissaire du Gouvernement

L'opérateur de compétences des entreprises de proximité (OPCO EP) vient de connaître un changement de commissaire du Gouvernement. Un arrêté paru au Journal officiel (JO) précise ainsi que Marie Wepierre qui occupait cette fonction est remplacée par Manon Bergeron. L'arrêté de nomination est disponible par ici. ...