Assurance chômage : mésentente sur les contrats courts

Cet article a été publié initialement sur le site du syndicat de salariés FO.

La quatrième séance de négociation interprofessionnelle sur l’Assurance chômage s’est tenue le 1er février au siège du Medef. Le patronat, qui avait mis sur la table un avant-projet d’accord le 25 janvier, refuse toujours l’idée de sanctions en matière de lutte contre la précarité. 

Ça patine encore sur la réforme de l’Assurance chômage voulue par le gouvernement. Le 1er février, les huit organisations syndicales et patronales se sont retrouvées au siège du Medef pour la quatrième séance de négociations. Les discussions ont principalement porté sur deux thèmes : l’indemnisation de davantage de démissionnaires et la lutte contre le recours abusif aux contrats courts. 

Dans la nuit précédent la réunion, le patronat (Medef, CPME et U2P) avait envoyé aux organisations syndicales une version remaniée de son avant-projet d’accord présenté le 25 janvier. La CFTC est elle aussi venue avec un texte, bien accueilli par les autres organisations syndicales. Ces documents ont servi de base aux discussions. 

FO souhaite une voie de recours en cas de refus du projet d’évolution professionnelle  

Sur la création d’un nouveau droit pour les démissionnaires, un schéma se dessine. Pour y avoir accès, le salarié devrait avoir construit en amont un projet d’évolution professionnelle et obtenu une attestation du caractère réel et sérieux de ce projet. Cette validation pourrait se faire par l’un des opérateurs en conseil d’évolution professionnel (CEP), et pas seulement Pôle emploi. Il devrait ensuite vérifier auprès de Pôle emploi qu’il remplit bien les critères pour bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi projet (Arep). 

Michel Beaugas, secrétaire confédéral chargé de l’emploi et chef de file de la délégation FO, a admis, à l’issue de la réunion, quelques améliorations. Mais des points font encore débat. Je voudrais qu’on nous précise que les démissionnaires vont toucher l’allocation d’aide au retour à l’emploi, on ne veut pas d’un droit différent, a rappelé Michel Beaugas. Il souhaite également la mise en place d’une voie de recours pour le salarié dont le projet serait refusé. 

Des critères trop restrictifs pour les démissionnaires 

Sur les critères d’accès au dispositif, la délégation FO refuse que le niveau de qualification du salarié soit pris en compte, comme le propose le patronat. De même, pas question que le projet professionnel doive obligatoirement répondre aux besoins en compétences des entreprises. Les salariés peuvent avoir des aspirations personnelles, sans lien avec les besoins des entreprises, a précisé Michel Beaugas. 

Par ailleurs, le patronat souhaite plafonner le coût annuel de cette nouvelle mesure, à un niveau qui reste encore à déterminer. Il ne faut pas mettre le régime en difficulté mais si ce plafond est trop bas, on ne laissera entrer personne, prévient Michel Beaugas. C’est peut-être l’objectif des critères mis en place par les organisations patronales, qui ferment trop la porte. Or si on crée un nouveau droit, il faut pouvoir en bénéficier. 

Pour FO, au moins 11 secteurs abusent des contrats courts 

Sur la question de la lutte contre la précarité, thème qui avait déjà fait échouer la réforme de l’Assurance chômage en 2016, les discussions sont bloquées. Le patronat renvoie la question à des négociations de branche, et seulement dans quatre secteurs déterminés : intérim ; spectacle-musique-audiovisuel-cinéma ; hébergement-restauration ; hébergement médico-social et action sociale. Si les organisations patronales prévoient la mise en place d’un comité de suivi partiaire, elles refusent toujours la mise en place de sanctions si les discussions de branche n’aboutissent à rien. 

Pour FO, en tenant compte de l’intérim, au moins onze secteurs sont concernés par l’abus de contrats courts. Et on doit écrire dans l’accord que s’il n’y a rien, un système de bonus-malus sera mis en place, par nous ou par le gouvernement, ajoute Michel Beaugas. 

Avant-dernière réunion de négociation le 8 février  

Un autre thème de discussion concerne l’indemnisation des travailleurs indépendants. Le patronat estime que cette question ne relève pas d’une discussion paritaire. Mais paradoxalement, il propose la mise en place d’un groupe de travail paritaire spécifique sur les travailleurs indépendants économiquement dépendants, notamment ceux employés pas les plateformes. Pour FO, dans l’hypothèse de la mise en place de ce groupe de travail, le statut de tous les indépendants devrait être étudié. L’indemnisation des indépendants ne doit pas non plus conduire à une diminution des droits des autres demandeurs d’emploi. 

Sur les deux derniers points de la réforme évoqués par le gouvernement, l’accompagnement des demandeurs d’emploi et la gouvernance du régime, l’avant-projet des organisations patronales reste vierge pour l’instant. La prochaine et avant-dernière réunion de négociation aura lieu le 8 février. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et contrats responsables

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et solvabilité

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM revient sur l'impact de la généralisation de la complémentaire santé

You May Also Like

Arrêté d’extension d’un avenant dans les entreprises horticulture pépinières du département du Calvados

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, a étendu par arrêté du 4 août 2026 publié le 8 août 2026, les dispositions de l'avenant n° 50 du 3 mars 2026 à l'accord collectif territorial de travail du 17 janvier 1991 concernant les exploitations et entreprises agricoles de l'horticulture, des pépinières, de l'arboriculture, de la production de fruits et de champignons du Calvados ...

Arrêté d’extension d’un avenant sur le personnel d’encadrement des entreprises de polyculture de l’Eure

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, a étendu par arrêté du 4 août 2026 publié le 8 août 2026, les dispositions de l'avenant n° 28 du 3 mars 2026 à l'accord collectif territorial de travail du 30 novembre 1984 du personnel d'encadrement des entreprises de polyculture et d'élevage, des exploitations maraichères et de cultures légumières de plein champ et des coopératives d'utilisation...

Les entreprises artistiques et culturelles modifient leur accord sur les salaires

Un avenant relatif aux salaires a été conclu dans la CCN de la convention collective nationale pour les entreprises artistiques et culturelles du 1er janvier 1984 (IDCC 1285). Daté du 16 juillet 2026, le texte a pour objet de modifier l'article 1.2 de l'accord sur les salaires 2026, car la grille des minimas conventionnels des emplois autres qu'artistiques figurant dans cet...

La CCN de l’industries des tuiles et briques met à jour les salaires

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale de l’industrie des tuiles et briques du 17 février 1982 (IDCC 1170). Il s’agit de l’avenant n°19 du 30 avril 2026 qui a été signé par la Fédération Française des Tuiles et Briques (FFTB), UP'CHAUX, FIB et UNICEM ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Nationale des...

La CCN de la médecine du travail revient sur la formation professionnelle

Un accord relatif à la formation professionnelle a été conclu dans la CCN du personnel des services interentreprises de médecine du travail (IDCC 897). Il a été signé le 25 juin 2026 par l’organisation patronale PRESANSE ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Française de la Santé, de la Médecine et de l’Action Sociale CFE-CGC, Fédération Santé...

Le commerce de détail de l’habillement publie les salaires applicables à Mayotte

Un accord de branche sur les salaires applicables à Mayotte a été conclu dans la CCN du commerce de détail de l’habillement et des articles textiles (IDCC 1483). Il a été signé le 12 juin 2026 par les organisations d’employeurs Fédération Nationale de l’Habillement et CNDL ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération CFTC commerce, services et forces de...