Accusation d’exercice d’activité de transport : Uber continue de trembler

Cet article provient du site du syndicat FO.

La société Uber fournit-elle de simples prestations intermédiaires relevant d’un service de la société de l’information au sens de la directive européenne de 1998, ou est-elle un service de transport ? Dans ses conclusions rendues le 11 mai dernier dans une affaire opposant des chauffeurs de taxis de Barcelone (Espagne) à la société Uber, accusée de concurrence déloyale, Maciej Szpunar, avocat général à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) tranche cette fausse question. Uber n’est pas une plate-forme d’intermédiation telles celles de réservation d’hôtel ou de billet d’avion. Son service doit être qualifié de service dans le domaine des transports, indique l’avocat général dont l’avis pourrait être suivi par la CJUE. Les chauffeurs Uber n’exercent pas une activité propre qui existerait indépendamment de cette plate-forme. L’activité professionnelle des chauffeurs est dépendante de la plate-forme, même si le contrôle d’Uber sur ses chauffeurs ne s’exerce pas selon une subordination hiérarchique de facture classique. Uber est néanmoins un véritable organisateur et opérateur de services de transport urbain dans les villes où il est présent

« Un service de transport classique »

80 % C’est le nombre de chauffeurs qui travaillent via des plates-formes de transport de personnes (Uber, Chauffeur privé, Le Cab…).

Alors que la société se défend d’une telle activité afin d’échapper aux législations nationales sur le transport, sur le plan des obligations sociales notamment, c’est indubitablement la prestation de transport qui est la principale prestation d’Uber et qui lui confère son sens économique, tranche l’avocat général. Il rappelle notamment que c’est la plate-forme qui fixe le prix du trajet et que les chauffeurs sont rémunérés à concurrence d’un montant qui excède largement le simple remboursement des frais exposés. Il ne faut donc pas se laisser abuser par les apparences, Uber est un service de transport classique. D’ailleurs, la société exerce un contrôle sur tous les aspects pertinents d’un service de transport urbain : entre autres sur le prix de la course, les conditions minimales de sécurité par des exigences préalables concernant les chauffeurs et les véhicules, sur la possibilité d’éviction des chauffeurs de la plate-forme…  

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

You May Also Like
Lire plus

Plus qu’un jour pour réserver le dossier Tripalio 2026 à -50% !

L’édition 2026 du dossier Tripalio sortira le 8 juillet prochain. Ce dossier indispensable pour tous les professionnels de la protection sociale complémentaire collective vous permettra de préparer sereinement votre rentrée de septembre. Précommandez-le vite à -50%, soit 500 € HT, jusqu’à sa sortie, profitez-en* ! ...

Avis d’extension d’accords régionaux (Pays de la Loire) chez les OETAM des travaux publics

Le ministre du travail et des solidarités, envisage d’étendre, par avis publié le 4 juillet 2026, les dispositions de 3 accords régionaux (Pays de la Loire) du 4 décembre 2025 relatifs aux salaires minima hiérarchiques et aux indemnités de petits déplacements IPD, conclus dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers des travaux publics (...
Lire plus

Après le gouvernement et l’Igas, c’est l’Assurance maladie qui exige des efforts supplémentaires des Ocam

Dans son rapport Charges et produits pour 2027, la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) formule 40 propositions pour dégager 3,9 Md€ d'économies l'année prochaine. Une section entière est consacrée au "renforcement de l'articulation" avec les complémentaires santé. Derrière cette expression neutre se trouvent des exigences très concrètes adressées aux organismes complémentaires d'assurance maladie (Ocam) : cofinancer la prévention, partager leurs données, sécuriser la facturation et créer un contrat...