Simplifier les données de santé au travail : la fausse bonne idée des partenaires sociaux ?

En cette rentrée 2017, un groupe de travail va se pencher sur le sujet des données de santé au travail. 

Les partenaires sociaux qui siègent au groupe permanent d’orientation du Conseil d’orientation sur les conditions de travail (COCT) vont en effet réfléchir, jusqu’à la fin décembre, sur la production et l’accessibilité des données en santé au travail. L’idée est d’utiliser ces informations pour aider à la prévention, mais les étapes pour y arriver sont tellement complexes que le résultat pourrait être à craindre. 

 

La prévention par l’utilisation des données de santé au travail

L’objectif affiché par les partenaires sociaux est de favoriser la prévention au travail par l’étude des données de santé. 

Cependant, actuellement, les données de santé au travail sont éparpillées entre de nombreux organismes et sont bien gardées. Même si le système ne permet pas d’exploiter tout le potentiel de cette mine d’informations, il fonctionne. 

Les membres du COCT souhaitent étudier un moyen de regrouper toutes les informations sur la santé au travail des salariés pour pouvoir les étudier et faciliter la prévention. Mais si l’intention peut paraître louable, la route pour parvenir à l’objectif risque d’être longue… 

La base de données de santé au travail : future usine à gaz ?

Comme le syndicat FO l’indique, le COCT veut créer un système qui permette de collecter en un seul ensemble les données de santé au travail pour pouvoir les exploiter et les rendre accessibles. 

C’est, en somme, le chantier de l’actuel système national des données de santé (SNDS) qui, lui, a vocation à proposer dans une seule base, toutes les données de santé en France et de les rendre accessibles sans qu’elles permettent d’identifier, ou de réidentifier les individus. Ce chantier, piloté par le ministère de la santé (plus particulièrement la DREES) est en cours depuis de nombreux mois et implique la participation de nombreux acteurs, dont la CNIL. 

Si l’on peut ne pas douter de la volonté des partenaires sociaux d’améliorer la prévention par l’exploitation des données de santé au travail, les moyens mis en oeuvre et le potentiel de réussite du projet peut être remis en question. Seul un processus encadré, strict, et sans faille sur le papier, peut donner lieu à l’exploitation d’une base de données de santé dans le respect du droit français. 

Toute tentation de proposer un outil rapidement sans penser à toutes les problématiques ne donnerait lieu qu’à une énième usine à gaz sans grand effet… mais pour le moment, nous sommes à l’heure des consultations, les membres du COCT ne sont donc pas au bout de leur peine. 

 

Qui compose le Conseil d’orientation sur les conditions de travail ?

Le COCT est composé des organisations représentatives au niveau national interprofessionnel. Il s’agit du MEDEF, ce la CPME, de l’U2P, de l’UNAPL et de la FNSEA pour le patronat ; et de la CFDT, de la CGT, de la CGT-FO, de la CFE-CGC et de la CFTC pour les salariés. 

L’Etat est aussi représenté par des membres du ministère du travail (direction générale du travail) et du ministère de l’agriculture (service des affaires financières, sociales et logistiques). 

Enfin, la direction des risques professionnels de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés et présente. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la DGAFP évoque le cas "Alan" dans la fonction publique

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #6 : les grandes actualités CCN santé-prévoyance de la rentrée 2026

You May Also Like

La CCN de la maroquinerie révise les salaires dans la Cordonnerie Multiservice

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans le cadre de la CCN des industries de la maroquinerie (IDCC 2528). Il s’agit de l’accord du 1er juillet 2026 qui fixe les salaires minima bruts mensuels dans la Cordonnerie multiservice (codes NAF 9523Z et 9529Z), pour une durée mensuelle de travail de 151,67 heures et pour 35 heures hebdomadaires effectivement travaillées....

La CCN de la mutualité revient sur la formation professionnelle

Un nouvel avenant n°36 sur la formation professionnelle la CCN de la mutualité (IDCC 2128) est paru au BOCC de cet été. Le texte a été signé le 27 mai 2026 par l’organisation d’employeurs Anem ainsi que par les syndicats de salariés CFDT, CFE-CGC, CGT, UNSA et CGT-FO. Il prévoit les modalités de mise en œuvre de la période de reconversion et abroge les...

Un accord sur le financement du paritarisme dans la CCN des prestataires de services du tertiaire

Les partenaires sociaux dans la CCN des prestataires de services dans le domaine du secteur tertiaire (IDCC 2098) ont publié un accord sur le fonds commun d’aide au paritarisme. Le texte s’inscrit dans le prolongement des différentes évolutions de l’accord du 28 octobre 2003 sur les modalités de répartition des fonds collectés au titre du paritarisme avec, cette...

La CCN des prestataires de services du tertiaire s’accorde sur l’allocation spécifique de déplacement

Les partenaires sociaux dans la CCN des prestataires de services dans le domaine du secteur tertiaire (IDCC 2098) ont publié un accord sur l’allocation spécifique de déplacement. Le texte a pour objet de modifier certaines dispositions de l'accord du 13 février 2006 et de l'accord du 10 mai 2010, modifiés par l’avenant du 27 octobre 2014, afin de revaloriser...