RGPD : une ordonnance sortira bien avant la fin de l’année

Cela fait maintenant 6 mois que le Règlement général relatif à la protection des données, RGPD, est en vigueur et une ordonnance devrait bientôt être prise pour en faciliter la compréhension et l’application. Malgré la loi du 20 juin 2018 censée adapter le droit français à ce Règlement, le cadre juridique est encore trop dense pour être compris et mis en oeuvre simplement.

 

Parallèlement à l’annonce de la prochaine ordonnance RGPD, la CNIL dresse un bilan de l’activité liée à la protection des données depuis l’entrée en vigueur du Règlement. 

 

Une ordonnance sur le RGPD, mais pour quoi faire ?

Dans sa communication, la CNIL passe rapidement sur l’annonce de la prochaine ordonnance en indiquant seulement qu’elle a rendu un avis sur le contenu du projet de texte le 15 novembre 2018. Aucune information supplémentaire n’est donnée sur le sens de l’avis ou sur les orientations de l’ordonnance. 

C’est l’article 32 de la loi du 20 juin 2018 qui permet de modifier la loi par voie d’ordonnance. Lorsqu’on se penche sur cet article, on se rend compte que le champ des possibles est très vaste. Le Gouvernement peut réécrire « l’ensemble de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés afin d’apporter les corrections formelles et les adaptations nécessaires à la simplification et à la cohérence ainsi qu’à la simplicité de la mise en œuvre par les personnes concernées des dispositions qui mettent le droit national en conformité avec le [RGPD] ». 

Après un Règlement et une loi nationale qui ont déjà mobilisé tous les acteurs sur la question de la protection des données personnelles, voilà qu’une ordonnance peut venir réécrire, une fois de plus, les dispositions légales dans un soucis de « simplification ». 

Notons également que l’ordonnance permet de « mettre en cohérence avec ces changements l’ensemble de la législation applicable à la protection des données à caractère personnel ». On pense notamment aux articles du code de la santé publique relatifs au SNDS (système national des données de santé) qui mériteraient une mise à jour pour être en adéquation avec la nouvelle rédaction de la loi Informatique et libertés. 

Le mystère qui entoure le contenu de l’ordonnance devrait bientôt se dissiper car elle doit être prise avant la fin de l’année. 

 

Déjà 15 000 DPO en France depuis l’entrée en vigueur du RGPD

La CNIL dresse un bilan d’activité sur les 6 premiers mois d’application du RGPD en France. On apprend ainsi que le nombre de délégués à la protection des données (DPO) est de 15 000 alors qu’avant le Règlement, il n’existait que 5 000 correspondants informatique et libertés (CIL). Cela a donné lieu au signalement de 1000 notifications de violations de données reçues. 

La CNIL a reçu 34% de plaintes en plus qu’en 2017 sur la même période : en tout, 6 000 plaintes ont été enregistrées depuis l’entrée en vigueur du RGPD. 

L’accompagnement des professionnels dans la mise en conformité au RGPD est aussi au coeur des préoccupations de la CNIL. Ainsi, la Commission rappelle que deux référentiels de certification des compétences DPO ont été adoptés. Elle souligne que des consultations auront bientôt lieu avec les professionnels pour discuter de référentiels relatifs à la gestion de clients et prospects, à la gestion des impayés, aux ressources humaines. 

Toutes ces actions sont nécessaires pour aider à appliquer les mesures liées à la protection des données personnelles qui peuvent, en pratique, être ardues à respecter de bout en bout. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #1 : le régime santé de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

You May Also Like

Les nouveaux salaires applicables dans les coopératives agricoles, unions de coopératives agricoles et SICA

Les partenaires sociaux de la convention collective nationale (CCN) des coopératives agricoles, unions de coopératives agricoles et sociétés d'intérêt collectif agricole de fleurs, fruits et légumes frais, transformés et conserveries, de teillage de lin-chanvre et de déshydratation (IDCC 7028) ont signé deux avenants sur les salaires en janvier 2026. Le premier texte...

Les nouveaux salaires dans la CCN des activités hippiques

Les partenaires sociaux de la convention collective nationale (CCN) des activités hippiques (IDCC 7026) ont signé leur dernier avenant salarial le 18 mars 2026. Le texte fixe les montants des salaires mensuels bruts applicables rétroactivement au 1er mars 2026. Il a été signé par les organisations patronales AEDG et SEDJ ainsi que par les syndicats de salariés FGA CFDT,...

L’association de courtage Courtensia n’est plus agréée

Comme le révélaient hier nos confrères de News Assurances Pro, l'association professionnelle de courtiers Courtensia n'a plus d'agrément pour exercer son activité. L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a pris cette décision car Courtensia ne remplit pas les critères de représentativité nécessaires. Il ne reste donc que 5 associations représentatives de courtiers d'assurance ou de réassurance et de leurs mandataires : CNCEF Assurance, Votreasso,...
Lire plus

Apicil confirme sa dynamique très positive en 2025

Après une année 2024 qui permettait à Apicil de renouer avec la croissance, l'année 2025 permet au groupe de protection sociale de confirmer sa bonne dynamique. D'après les informations dévoilées par communiqué, le chiffre d'affaires (CA) global a dépassé les 4 Md€ alors qu'il était à 3,9 Md€ en 2024. C'est la première fois que le CA du groupe Apicil franchit ce seuil. En parallèle, le résultat combiné du...