RGPD : les petites entreprises auraient-elles un peu de répit ?

Le RGPD (règlement général sur la protection des données) entrera en vigueur le 25 mai 2018 et toutes les entreprises seront concernées, même les plus petites. Les entreprises ont encore quelques mois pour se préparer et elles doivent impérativement être conformes aux nouvelles règles quand celles-ci seront applicables. En effet, le non respect des dispositions relatives à la protection des données personnelles pourra donner lieu à des amendes élevées pouvant mettre en risque une entreprise qui n’aurait pas pris ses précautions. 

Les députés discuteront dans l’hémicycle, dès demain, le projet de loi adaptant le droit français au RGPD. Le rapport qui vient d’être publié donne, à ce titre, des indications sur les évolutions à venir. 

 

 

 

Vers un accompagnement des petites entreprises

L’adaptation des procédures internes des entreprises au RGPD ainsi qu’au droit national est un enjeu central de la réforme. Pour que celle-ci soit un succès, et que les nouvelles mesures de protection des données personnelles prévues par le RGPD soient respectées par tous les acteurs, il faut que chacun ait les moyens de s’y adapter. Cette problématique des moyens touche surtout les très petites, petites et moyennes entreprises qui n’ont pas nécessairement la trésorerie pour financer rapidement une adaptation au nouveau droit. 

Le rapport remis dans le cadre du projet de loi propose ainsi une partie dédiée à l’accompagnement de toutes les petites entreprises. A cet égard, il est prévu de rédiger des codes de conduite spécifique et de mettre en oeuvre des mécanismes de certification concernant la protection des données. 

Nous apprenons également que la CNIL sera relativement indulgente à l’égard des TPE-PME concernant l’adaptation au RGPD. Elle a même prévu de publier une série de documents appelée « Pack PME-TPE » qui devrait aider les entreprises de moins de 250 salariés à se mettre en conformité avec le RGPD. 

L’existence de cette tolérance vis-à-vis des petites entreprises est bienvenue, mais on ne sait rien de sa durée. On peut légitimement se demander à partir de quel moment les autorités considéreront que tous les acteurs doivent connaître et appliquer le nouveau RGPD sans possibilité de faire valoir une sorte de « droit à l’erreur ». Le répit accordé pourrait très bien n’être que de courte durée… 

 

Comment appréhender la logique de responsabilisation des acteurs

La loi française reprendra à son compte la nouvelle logique du droit européen diffusée par le RGPD. C’est une logique d’accroissement de la responsabilité des acteurs qui traitent des données personnelles. Ainsi, dans les cas généraux de traitement de données, les formalités préalables (comme la déclaration ou l’autorisation) à la mise en oeuvre des traitements sont destinées à disparaître. 

Certains types de traitements de données personnelles pourront continuer à être soumis à des formalités préalables strictes, si le droit national le prévoit. C’est le cas avec les données de santé issues du système national des données de santé (SNDS). 

La nouvelle liberté accordée aux acteurs qui mettent en place des traitements de données personnelles est toutefois soumise à de nouvelles obligations comme la création d’outils destinés à protéger les données dès la conception des traitements (on parle de privacy by design), la désignation d’un délégué à la protection des données (qui n’est obligatoire que dans certaines conditions), ou la mise en oeuvre d’un registre des traitements. 

Globalement, le projet de loi reprend les grandes lignes du RGPD mais il faut encore rester prudent, les discussions à l’Assemblée nationale pourraient faire naître de nouvelles mesures, plus ou moins contraignantes pour les responsables de traitements et les sous-traitants. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

You May Also Like
Unocam
Lire plus

L’UNOCAM s’oppose en bloc au PLFSS 2027

Nous pouvions nous y attendre, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS 2027) ne plaît pas du tout à l'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (UNOCAM). Dans sa délibération actée le 13 octobre 2026, l'organisation rend un avis pleinement défavorable au projet de loi. L'UNOCAM y dénonce les 4 Md€ de charges supplémentaires qui pèseront sur les organismes en 2027. Les cotisations payées par les assurées en...
Lire plus

Vie, retraite, santé-prévoyance : ce que le rapport de l’ACPR dit du marché 2025

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) publie son panorama annuel des chiffres de la banque et de l'assurance pour 2025. C'était une année exceptionnelle pour l'assurance-vie et l'épargne retraite, tandis que la santé et la prévoyance affichent une croissance plus mesurée. Tour d'horizon chiffré du marché de l'assurance de personnes (rapport complet...

La branche de la bijouterie joaillerie orfèvrerie horlogerie BJOH revient sur le temps de travail des cadres

Les partenaires sociaux de la nouvelle CCN unifiée de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, horlogerie (IDCC 3251) ont signé un avenant n°2 révisant l'accord sur l'organisation du temps de travail. Daté du 23 juillet 2026, le texte a pour objet de réviser l’article 13 de l’accord du 3 octobre 2023 relatif à l’organisation du temps de travail et de rajouter un...

Cotisations AT/MP : le taux « entreprise » généralisé par décret

Le gouvernement vient de publier le décret qui généralise le calcul des taux de cotisation au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles (AT/MP) au niveau de l'entreprise. Ce texte modifie le code de la sécurité sociale pour indiquer que l'entreprise « bénéficie » désormais d'un taux unique pour l'établissement ou l'ensemble des établissements, au lieu de devoir en faire la demande selon des modalités fixées par arrêté. Ce taux applicable aux...