RGPD : le règlement s’applique-t-il vraiment aux dossiers « papier » ?

Le Règlement général relatif à la protection des données (RGPD) entrera en vigueur dans moins de trois mois maintenant et les entreprises commencent à comprendre les enjeux de la mise en conformité. Nous nous intéressions dernièrement aux éventuels aménagements du RGPD dont pourraient bénéficier les organismes de complémentaire santé. Aujourd’hui, c’est un autre sujet qui nous préoccupe. 

On peut lire ici ou que les informations contenues sur papier seront nécessairement concernées par le RGPD. Pourtant cela mériterait d’être précisé, notamment par la CNIL. 

 

Pour toute interrogation que vous pourriez avoir concernant le RGPD : contactez-nous à cette adresse et nous nous efforcerons d’y répondre à travers nos publications. 

 

La portée du RGPD sur les dossiers « papier » reste à clarifier

Le RGPD donne à son article 4 la liste des définitions applicables. Ainsi il entend par « données à caractère personnel » : « toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable« . Cette définition semble très large et imprécise : il aurait été bien plus simple de définir, ne serait-ce que dans les considérants, l’impact du RGPD en fonction du support de l’information. 

En effet, si l’on se penche sur la définition de la « donnée », d’après un dictionnaire bien connu, il s’agit d’une « représentation conventionnelle d’une information en vue de son traitement informatique« . Les auteurs de doctrine se sont aussi emparés du sujet depuis le début des années 2000 : ainsi pour Isabelle de Lamberterie, dans son article « Qu’est-ce qu’une donnée de santé » paru en 2004, la donnée est « une information valorisée qui possède une valeur ajoutée d’ordre technologique« . Nous pourrions continuer longtemps avec l’énumération des différentes sources qui lient directement, sans ambiguïté, la notion de « donnée » à son caractère informatisé ou numérisé. 

Il est donc étonnant que le RGPD ne fasse pas mention de cette idée de traitement informatique. Même la définition du « traitement » ne renvoie qu’aux « opérations effectuées ou non à l’aide de procédés automatisés« . A la lumière de ces précisions, on peut légitimement se demander si le fait d’avoir des informations à caractère personnel uniquement sur papier constitue une « opération » au sens du RGPD. Pas si sûr… pour lever tout doute, il serait bon que la CNIL, ou la Commission européenne elle-même, se prononce clairement. 

 

Les dossiers « papier » numérisés sont bien concernés par le RGPD

Si l’on peut s’interroger sur l’application des règles très contraignantes du RGPD aux informations qui sont contenues exclusivement sur papier, le doute n’est pas permis pour les informations contenues sur papier qui sont également numérisées. De telles informations peuvent faire l’objet d’un traitement tel que l’entend le RGPD et tout responsable de traitement doit se conformer aux obligations du Règlement. 

Toujours est-il que tous les documents contenant des informations personnelles doivent, quoi qu’il arrive, faire l’objet d’une protection particulière, ne serait-ce qu’au titre de la loi relative à l’informatique et aux libertés. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #2 : Le point sur les catégories objectives dans les CCN

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

You May Also Like

La résiliation facilitée en prévoyance finalement exclue de la loi de simplification

Le projet de loi de simplification de la vie économique dont l'examen a débuté en avril 2024 (heureusement que la procédure accélérée a été enclenchée !) vient d'aboutir à un accord en commission mixte paritaire (CMP). On constate que le députés et sénateurs ont décidé de supprimer la résiliation facilitée en prévoyance. Cette résiliation avait été ajoutée à l'Assemblée nationale à l'initiative de députés UDR (...
Lire plus

Gel des tarifs : la FIPS (ex-CTIP) à l’offensive

Le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) officialisait hier sa transformation en Fédération des institutions paritaires de protection sociale (FIPS). A cette occasion, l'organisation représentative a annoncé un changement de braquet dans sa défense des intérêts des institutions paritaires. La contestation du gel des tarifs de complémentaire santé fait notamment partie des premières...

Alptis enrichit son offre et uniformise sa marque

Ce communiqué a été diffusé par le groupe Alptis. Alors qu’il fête cette année son 50ème anniversaire, le Groupe Alptis engage la diversification des activités de sa maison-mère, Alptis Assurances, courtier grossiste historiquement spécialisé dans l’assurance santé et la prévoyance. Cette...

Avis d’extension d’un accord de méthode dans les transports routiers et activités auxiliaires du transport

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 20 décembre 2025, les dispositions de l'accord de méthode du 4 novembre 2025 relatif aux classifications des emplois dans les entreprises de Transport Sanitaire, conclu dans le cadre de la convention collective nationale des transports routiers et les activités auxiliaires du transport (...

Avis d’extension d’un accord dans les industries de produits alimentaires élaborés

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 20 décembre 2025, les dispositions de l'accord n° 121 du 9 septembre 2025 relatif aux métiers particulièrement exposés aux facteurs de risques ergonomiques, conclu dans le cadre de la convention collective nationale pour les industries de produits alimentaires élaborés du 17 janvier 1952 (...