Retraites : la CFDT publie les résultats de son enquête

Cette publication été initialement diffusée sur le site du syndicat de salariés CFDT.

Plus de 120 000 participants, 14 millions de réponses cumulées… Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’enquête Parlons retraites, lancée le 12 juin, est un succès.

La solidarité avant tout 

« Le résultat va bien au-delà de ce que l’on pouvait espérer », affirment les secrétaires confédéraux Virginie Aubin et Florian Meyer, maîtres d’œuvre de cette étude XXL. La surprise est d’autant plus grande que l’éventail des profils des répondants est large : salariés du privé (44%), agents du public (23%), retraités (23%) mais aussi apprentis, intérimaires, étudiants… Preuve de l’intérêt que suscite le sujet. 

De quoi en tirer quelques enseignements intéressants… et tordre le cou à certaines idées reçues. En matière de retraites, c’est la solidarité qui est plébiscitée. À la question : « Ça devrait être du chacun pour soi ? » – sous-entendu chacun finance sa propre pension de retraite sans se soucier des autres –, les gens répondent non très massivement, à plus de 85 %. Et 79% considèrent que cotiser pour payer la retraite de ses aînés est un système juste :

 

 

Voici une petite sélection de résultats (9 sur 153 questions!) que la rédaction a fait le choix de mettre en avant : 

 

 

 

 

 

 

 

Une loi à la fin 2019 

La réforme des retraites est bel et bien lancée. Après une première phase de concertation menée avec les partenaires sociaux ces six derniers mois, le gouvernement a commencé à préciser ses intentions le 10 octobre dernier. Le haut-commissaire chargé de cette réforme, Jean-Paul Delevoye, a ainsi pris une série d’engagements devant les représentants des salariés et des chefs d’entreprise. 

Le nouveau système remplacera bien les 42 régimes de retraite existants (régimes de base et régimes complémentaires).  

Il prendra en compte les revenus d’activité jusqu’à trois fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 120000 euros bruts annuels. Ce système par répartition s’appuiera sur un mécanisme de points, et les règles de calcul des droits et les mécanismes de solidarité seront les mêmes pour tous : salariés du privé comme fonctionnaires, indépendants, professions libérales ou agriculteurs.  

Enfin, l’âge minimal pour faire valoir ses droits restera fixé à 62 ans. Le nouveau système sera par ailleurs construit « dans le respect des grands équilibres financiers actuels », a assuré le haut-commissaire. Les personnes à moins de cinq ans de l’âge de départ à la retraite lors de l’adoption de la loi ne seront pas concernées par la réforme. Enfin, le gouvernement s’est engagé à préserver les droits acquis pour tous les actifs. Pour le dire autrement, tous les droits acquis dans les différents régimes actuels (majoration de trimestres ou de points, par exemple) seront transférés à 100% dans le nouveau système. 

« Ces premiers engagements montrent que la CFDT a été entendue, se réjouit Frédéric Sève, le secrétaire national chargé des retraites. Comme nous l’avions demandé lors de la concertation, la répartition est confortée. Nous avons également obtenu la garantie des droits acquis, le maintien de l’âge légal à 62 ans et l’abandon de toute discussion sur l’âge pivot. L’engagement pris de faire cette réforme à périmètre constant [sans volonté de faire des économies] est également une exigence de la CFDT qui a été satisfaite. »  

Une nouvelle période de concertation avec les partenaires sociaux s’ouvre pour encore quatre à six mois. « Une loi sera votée en 2019 », a assuré Jean-Paul Delevoye, laissant entendre que cela devrait être plutôt vers la fin de l’année.  

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et solvabilité

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

You May Also Like

BTP : le taux du régime intempéries fixé à 0,68 % pour le gros œuvre, avec un volet canicule

Un arrêté pris 3 septembre 2026 et paru le 18 septembre au Journal officiel fixe, pour la période du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, les paramètres du régime chômage-intempéries du bâtiment et des travaux publics (BTP). L'abattement à défalquer du total des salaires servant de base au calcul de la cotisation due aux caisses de congés payés est porté à 96 168 euros. Le taux de cotisation du régime intempéries est fixé à 0,68 % des salaires retenus après abattement...

La durée des arrêts de travail indemnisé est aussi revue pour les indépendants, fonctionnaires et magistrats

En parallèle du décret relatif aux salariés, un autre décret du 16 septembre 2026 étend la même réduction (de 3 ans à 1 an) de la durée maximale d'indemnisation des arrêts de travail aux travailleurs indépendants, aux ministres des cultes et membres des congrégations et collectivités religieuses, ainsi qu'aux fonctionnaires de l'État et aux magistrats. ...

Arrêts de travail : la durée maximale d’indemnisation (hors ALD) passe de 3 à 1 an

Un décret daté du 16 septembre 2026 et publié au Journal officiel du 18 septembre réduit la durée maximale dérogatoire des arrêts de travail indemnisés. La durée d'indemnisation des assurés en arrêt de travail de longue durée passera ainsi de 3 ans à 1 an pour tous les arrêts prescrits à partir du 15 octobre 2026. Mais la mesure s'applique aussi à tous les arrêts en cours à cette date-là s'ils atteignent 6 mois à partir du 15 octobre 2026. La durée de 3 ans...

Avis d’extension d’accords territoriaux (Hauts-de-France) chez les OETAM du bâtiment

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 18 septembre 2026, les dispositions de 4 accords territoriaux (Hauts-de-France) du 10 juillet 2026 relatifs aux salaires et aux indemnités de petits déplacements IPD, conclus dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées et non visées par le décret du 1er mars 1962 (c’est-à-dire entreprises...