Retraites : début des grandes manœuvres du NFP et du RN

retraite

L’examen du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 par la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale donne lieu, entre autres choses, à des débats plus ou moins vifs sur la question des retraites.

Les grandes manœuvres ont débuté du côté du Nouveau Front Populaire (NFP) et du Rassemblement National (RN) pour mettre à l’agenda parlementaire l’abrogation de la dernière réforme des retraites.

Des amendements NFP au PLFSS 2025 rejetés

Hier soir, la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale a examiné des amendements au PLFSS 2025 déposés par le NFP et dont l’objet était de revenir sur le report à 64 ans de l’âge de la retraite. L’opération devait notamment être financée par la création d’une sur-cotisation sur les revenus les plus élevés – le seuil de deux fois le plafond de sécurité sociale était évoqué – ainsi que par d’autres solutions que devrait identifier une future « conférence de financement » entre l’Etat et les partenaires sociaux. Or, alors que le RN a réaffirmé durant la dernière campagne électorale sa volonté de revenir sur la dernière réforme des retraites, il s’est prononcé en défaveur des propositions du NFP, contribuant à leur rejet. Les députés socialistes ont considéré que ce positionnement du RN constituait une « confirmation » du fait que sa promesse électorale était un « mensonge politique, institutionnel et social ».

Une proposition de loi RN sur les retraites un peu gênante pour le NFP

Une analyse plus poussée de la situation apparaît, certes, nécessaire. Car si le NFP a déposé dans le cadre de l’examen parlementaire du PLFSS 2025 ses propres textes d’abrogation de la récente réforme des retraites, ce n’était pas seulement pour tenter d’obtenir cette abrogation : c’était aussi – et surtout – pour le faire avant le RN. Ce dernier doit en effet profiter de sa niche parlementaire du 31 octobre pour mettre en débat sa proposition de loi visant à abroger cette réforme. Et n’entendant sans doute pas se faire court-circuiter, il n’a donc pas soutenu les amendements de la gauche. Pour cette dernière, la question, épineuse, demeure ainsi à solutionner de définir l’attitude à adopter à l’endroit de cette proposition de loi du RN. Une division des troupes du NFP est probable sur ce dossier gênant pour lui.

La revalorisation des retraites en débat

Si les députés opposés à la récente réforme des retraites paraissent avoir du mal à s’entendre sur la manière de procéder afin de la remettre en cause, ils semblent en revanche davantage prêts à unir leurs forces sur le thème de la revalorisation des pensions de retraite servies par le régime général. Alors que le gouvernement veut que cette revalorisation soit reportée du 1er janvier au 1er juillet prochain, pour près de 3,7 milliards d’euros d’économie, les députés sont majoritairement en désaccord avec cette mesure d’économie comprise dans le PLFSS 2025. En particulier, le gel des petites pensions ne convainc pas grand monde sur les bancs de l’Assemblée. Si les députés veulent obtenir gain de cause, il leur faudra alors définir ce qu’est une petite pension et la manière dont ils entendent financer leur revalorisation de janvier à juillet.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
1 comment
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #2 : le point sur la santé des HCR et la prévoyance des Services à la personne

Lancer la vidéo

Piratage d'Almerys : Nathalie Goulet interroge Stéphanie Rist

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

You May Also Like

BTP : le taux du régime intempéries fixé à 0,68 % pour le gros œuvre, avec un volet canicule

Un arrêté pris 3 septembre 2026 et paru le 18 septembre au Journal officiel fixe, pour la période du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, les paramètres du régime chômage-intempéries du bâtiment et des travaux publics (BTP). L'abattement à défalquer du total des salaires servant de base au calcul de la cotisation due aux caisses de congés payés est porté à 96 168 euros. Le taux de cotisation du régime intempéries est fixé à 0,68 % des salaires retenus après abattement...

La durée des arrêts de travail indemnisé est aussi revue pour les indépendants, fonctionnaires et magistrats

En parallèle du décret relatif aux salariés, un autre décret du 16 septembre 2026 étend la même réduction (de 3 ans à 1 an) de la durée maximale d'indemnisation des arrêts de travail aux travailleurs indépendants, aux ministres des cultes et membres des congrégations et collectivités religieuses, ainsi qu'aux fonctionnaires de l'État et aux magistrats. ...

Arrêts de travail : la durée maximale d’indemnisation (hors ALD) passe de 3 à 1 an

Un décret daté du 16 septembre 2026 et publié au Journal officiel du 18 septembre réduit la durée maximale dérogatoire des arrêts de travail indemnisés. La durée d'indemnisation des assurés en arrêt de travail de longue durée passera ainsi de 3 ans à 1 an pour tous les arrêts prescrits à partir du 15 octobre 2026. Mais la mesure s'applique aussi à tous les arrêts en cours à cette date-là s'ils atteignent 6 mois à partir du 15 octobre 2026. La durée de 3 ans...

Avis d’extension d’accords territoriaux (Hauts-de-France) chez les OETAM du bâtiment

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 18 septembre 2026, les dispositions de 4 accords territoriaux (Hauts-de-France) du 10 juillet 2026 relatifs aux salaires et aux indemnités de petits déplacements IPD, conclus dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées et non visées par le décret du 1er mars 1962 (c’est-à-dire entreprises...