Retour sur la grève des salariés du Groupe VYV

Cette publications provient du site du syndicat de salariés FO.

Au niveau national comme local, la mobilisation des salariés du groupe VYV, premier groupe mutualiste de santé et de protection sociale, est « historique ». Parmi les revendications figure l’augmentation de l’ensemble des salaires alors que certains travailleurs au sein du groupe vivent dans la précarité.

C’est une journée « historique » se réjouit Anthony Kerdreux, délégué syndical FO au sein du groupe VYV. Ce jeudi 24 mars, une importante mobilisation s’est tenue au sein du premier groupe mutualiste de santé et de protection sociale qui rassemble plusieurs acteurs mutualistes et de l’économie sociale et solidaire, parmi lesquels Harmonie Mutuelle, MGEFI, et MGEN, soit près de 50 000 salariés.

« Au niveau national, la direction elle-même a reconnu que le mouvement était massif, bien que les chiffres ne soient pas encore connus. Par exemple, à Angers, nous étions 250 voire plus à la manifestation qui se déroulait entre midi et 15h. Sur la région, c’était entre 800 et 1 000 personnes qui se sont mises en grève.« 

Des salariés en grande précarité

Le groupe compte une diversité d’acteurs et de métiers qui se fédèrent sur une première revendication : l’augmentation des salaires. Dans son tract, l’intersyndicale à laquelle participe Force Ouvrière demande « Une augmentation des rémunérations de 15 % pour l’ensemble des salariés du groupe, avec un minimum de 200€ net par mois« . Dans les rangs des mobilisations locales, les voix de ceux qui ont du mal à boucler les fins de mois malgré un emploi en CDI se font entendre. « J’ai entendu beaucoup de salariés qui se trouvent dans une grande précarité. Ils se demandent quelles factures ils vont payer en premier sur le mois, laissant les autres en attente. Certains ont recours aux banques alimentaires pour subvenir à leurs besoins…« 

Les situations sont diverses, mais la précarité est le point commun. Alors que les prix des produits de la vie quotidienne augmentent, « il y a les salariées des Ehpad qui démissionnent parce que, pour eux, aller au travail leur coûte 30 euros, à cause de la hausse des prix du carburant. Une salariée du secteur de la petite enfance m’a dit qu’elle avait une ligne rattrapage de Smic sur la fiche de paye car elle n’est même pas payée au Smic !« , raconte le militant.

L’échec des NAO a attisé la colère

La question est d’autant plus cruciale que, au sein des entités du groupe, les échecs des négociations annuelles obligatoires viennent renforcer le ras-le-bol des salariés. Échec des NAO chez Harmonie Mutuelle, aucun accord signé à la MGEN… Le contexte de ce mouvement massif de protestation le 24 mars était d’autant plus fondé que déjà le 1er février, au sein de la MGEN, l’intersyndicale avait lancé une mobilisation. Les taux de grévistes étaient monté jusqu’à 40 % dans les centres de gestion, centres d’appel et sections départementales.

Au sein du groupe, l’intersyndicale à laquelle participe FO demande également « la mise en place d’un contrat santé unique avec un haut niveau de prestation sans aucune augmentation de cotisation pour l’ensemble des salariés du groupe« . Surtout, les organisations syndicales revendiquent « une réelle amélioration des conditions de travail à travers un accord proactif sur les mesures très concrètes« . « La plupart des métiers présents au sein du groupe, notamment ceux du soin et de la petite enfance, connaissent un manque d’attractivité. De fait, les effectifs manquent et cela impacte les conditions de travail, on l’a vu récemment dans les Ehpad avec le livre Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet. Les salariés se battent pour pouvoir bien faire leur travail« , souligne Anthony Kerdreux

Aucune réponse concrète de la part de la direction

À la suite de la mobilisation, une délégation intersyndicale a été reçue par la direction du pôle handicap et petite enfance, chargée de faire remonter les revendications à l’ensemble du groupe. « La rencontre a duré une heure trente, raconte le délégué syndical. La directrice générale du groupe, a écouté les demandes des syndicats et les témoignages des salariés mais sans les entendre. Tout cela n’a débouché sur rien de concret. Le groupe se revendique de l’économie sociale et solidaire, se présente comme un acteur du mieux-vivre, mais sans permettre à ses propres salariés de mieux vivre« , déplore-t-il.

Une réponse sera apportée dans un mois, a expliqué la direction aux grévistes. « Quel dédain ! La précarité des salariés, elle est là, maintenant, aujourd’hui ! Ils ne peuvent plus attendre, s’indigne le militant« . Aussi, pour les organisations syndicales, la mobilisation continue. « C’était l’une des questions qui revenait le plus en assemblées générales lorsque nous préparions le 24 mars : quelle suite donner à ce mouvement ? » Une réunion intersyndicale à l’échelle du groupe est prévue le 29 mars.

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