Reste à charge zéro : Agnès Buzyn cause pour peu dire

Emmanuel Macron l’avait promis durant la campagne présidentielle de 2017 : s’il venait à être élu, avant la fin de son quiquennat, les Français bénéficieraient d’un reste à charge zéro sur les lunettes, les prothèses auditives et les prothèses dentaires. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, s’emploie actuellement à mettre en oeuvre cette promesse. 

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Alors que les travaux de concertation entre les services du ministère de la Santé et les représentants des professions concernées par le reste à charge zéro ont débuté depuis plusieurs semaines déjà, Agnès Buzyn a récemment tenu à réunir l’ensemble des parties prenantes, afin de faire un point sur les objectifs généraux et le calendrier global de la réforme. Les mauvais esprits rappelleront, certes, que ces objectifs et ce calendrier sont connus de tous depuis un certain temps déjà, puisqu’ils ne consistent en rien d’autre qu’à instituer un reste à charge zéro sur les lunettes, les prothèses auditives et les prothèses dentaires d’ici 2022. Ces scoops ont dû en surprendre plus d’un autour de la table ! 

Le problème du financement

Ces grands principes ayant été réaffirmés pour la nième fois, Mme Buzyn aurait pu en profiter pour évoquer certains des aspects de la réforme qui, a priori, posent un peu plus de problèmes. En particulier, l’enjeu du financement inquiète l’ensemble des acteurs. Pour les pouvoirs publics, il est clair que la Sécurité sociale ne peut pas prendre en charge, seule, le coût de la réforme. Les complémentaires santé vont donc nécessairement devoir mettre la main au portefeuille. Mais dans quelle proportion ? Et avec quelles conséquences financières pour les cotisants ? Ces questions fâcheuses n’ont pas été évoquées. Pour les professionnels de santé, elles conditionnent pourtant la suite des négociations techniques engagées avec le ministère. 

Le périmètre de la réforme

Parallèment à cette question du financement – qui devrait notamment intéresser les futurs financeurs de fait, à savoir, très probablement, les assurés recourant le moins au système de soins… – d’autres problèmes se posent, relatifs cette fois-ci au périmètre de la réforme. La ministre de la Santé a évoqué la création d’un panier de soins standard, qui serait celui concerné par le « RAC 0 », mais rien de précis n’émerge au sujet des contours de ce panier. En outre, des interrogations se font jour quant à l’ampleur de la réforme : concernera-t-elle tous les Français ou seulement certains d’entre eux ? Les services de l’Etat n’ont pas fait connaître leur avis à ce sujet, qui n’est pourtant pas précisément anodin. 

Faisant fi de toutes ces questions de fond, Agnès Buzyn a jugé bon de prévenir les professionnels de santé qu’il serait bien que leurs négociations avec l’Etat eussent beaucoup avancé d’ici à cet été. Autant dire que certains de ces professionnels étaient quelque peu dubitatifs. 

 

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