Représentativité patronale: le cinéma encore dans la tourmente

Le Conseil d’Etat a annulé hier l’arrêté d’extension de la convention collective du cinéma, pour défaut de représentativité de l’organisation patronale signataire. Le débat rebondit sur un sujet beaucoup plus universel qu’il n’y paraît. 

Une convention collective objet de tous les désirs

La branche de la production cinématographique est morcelée entre une organisation patronale (l’Association des Producteurs Indépendants) qui réunit les majors mais ne compte que quelques adhérents, et plusieurs organisations dont le poids économique est moindre, mais le nombre d’adhérents beaucoup plus important. Lorsque la branche a entrepris de négocier une convention collective fixant des conditions salariales minimales, seules les majors ont négocié… en retrouvant le sens historique de la convention collective: limiter au maximum la concurrence en imposant des tarifs élevés, inaccessibles pour les petits acteurs du marché. 

La convention collective ne fut donc signée en 2013 que par la CGT et l’API, suscitant la fureur des autres partenaires de la branche. Le désaccord fut tel qu’une mission de médiation fut diligentée pour éviter une implosion patronale. 

La question de la représentativité patronale au coeur du débat

Les partenaires de la branche n’ont pas hésité à saisir le Conseil d’Etat contre l’arrêté d’extension de la convention collective. De façon tout à fait intéressante, le Conseil a annulé le texte du ministre, en considérant que la présence d’un seul signataire minoritaire du côté patronal ne permettait pas d’imposer les règles du jeu conventionnel à l’ensemble de la branche.  

Cette décision est intéressante, parce qu’elle souligne que la représentativité n’est pas seulement le fait du poids économique de la fédération patronale dans la branche, mais qu’elle dépend aussi de l’audience « démographique » de cette fédération. Le Conseil d’Etat applique ici une logique d’audience estimée à partir du nombre d’adhérents qui mérite réflexion. 

 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Piratage d'Almerys : Nathalie Goulet interroge Stéphanie Rist

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #13 : gel des tarifs, congé supplémentaire de naissance et autres dossiers chauds

Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

You May Also Like

Les 2 décrets qui changent la donne du cumul emploi-retraite

Deux décrets du 2 novembre 2026, publiés au Journal officiel du 3 novembre, mettent en œuvre l'article 102 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026). Cet article réforme le cumul emploi-retraite à compter du 1er janvier 2027. Les décrets ne concernent que les assurés dont la première pension de base prend effet à partir de cette date. Le principe est la mise en place d'un seul mécanisme de cumul-emploi...
Lire plus

L’Apgis maintient sa foulée pour la prévoyance des centres équestres

La mutualisation assurée par l'institution de prévoyance Apgis a tout l'air de donner entière satisfaction dans le secteur des centres équestres. Ce secteur qui est désormais classé comme annexe à la convention collective nationale (CCN) des activités hippiques (IDCC 7026) montre tous les signes de régimes en très bonne forme. Après avoir mis en lumière ...

Les entreprises de restauration de collectivités mettent en place la période de reconversion

Un avenant n°71 paru au BOCC porte sur le dispositif de période de reconversion dans la CCN du personnel des entreprises de restauration de collectivités (IDCC 1266). Conclu le 28 juillet 2026, le texte instaure un dispositif au soutien des transitions et reconversions professionnelles des salariés dénommé « période de reconversion », prévu par les articles L. 6324-1 et suivants...