Représentation obligatoire en appel devant les prud’hommes après la loi Macron

Le Ministère de la justice projette de rendre un décret d’application, des réformes de la justice des prud’hommes, induites par la loi Macron. 

Ce décret modifie notamment la représentation des parties en appel devant les prud’hommes. Il fait application du droit commun du procès dans la procédure prud’homale. 

 

Le système actuel 

L’article R 1461-1 du code du travail organise la procédure d’appel des jugements des conseils des prud’hommes. La procédure est dérogatoire au principe qui oblige l’appelant à être représenté devant la Cour d’appel. En effet, l’article R 1461-2 dispense d’une telle obligation.  

Devant les prud’hommes, le texte rappelle simplement que les parties ont le choix de se faire représenter ou non. Cependant, un motif légitime est nécessaire pour se faire représenter.  

Après l’application de la loi Macron 

En procédure d’appel, la représentation devient obligatoire. Le défenseur syndical prend une place plus importante, puisque l’article énonce « qu’à défaut d’être représenté par un défenseur syndical, les parties sont tenues de constituer avocat ». 

Alors que pour la procédure de représentation obligatoire, seul un avocat peut accomplir les actes nécessaires à la procédure d’appel, le décret prévoit d’étendre cette faculté aux défenseurs syndicaux. En réalité, les actes doivent être transmis par voie électronique, pour lesquels les avocats utilisent un réseau privé inaccessibles à toutes personnes extérieures. La nouvelle réglementation va rendre possible la remise de ces documents par voie « papier » pour les défenseurs syndicaux. 

Concernant les juridictions de 1er instance, le motif légitime est supprimé, en effet, ce dernier permettait de justifier la nécessité de recourir à une représentation. 

Avis de la Cour de cassation 

Les conditions de saisine de la Cour de cassation sont précisées afin de permettre aux juridictions judiciaires de demander un avis sur l’intépretation des accords collectifs ou des conventions collectives. 

 

Projet de décret publié par Dalloz-actualité

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #2 : le point sur la santé des HCR et la prévoyance des Services à la personne

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

You May Also Like

L’EIOPA lance une consultation pour améliorer la collecte de données en assurance et retraite

L'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (AEAPP, ou EIOPA en anglais) lancent une consultation dédiée à la façon d'améliorer la collecte de données pour les secteurs européens de l'assurance et des retraites. Cette consultation est lancée dans le cadre d'une réflexion pour identifier et réduire les éventuelles incohérences réglementaires tout en y apportant des solutions. L'objectif principal est de réduire la charge qui pèse que les...

Nominations au conseil d’administration de l’IRCANTEC

Le conseil d'administration de l'Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques (IRCANTEC) accueille de nouveaux membres par arrêté ministériel. La première nomination permet à Ludovic Lerat de devenir représentant titulaire UNSA à la place de Frédéric Tisler. La seconde nomination permet à Yann Couedic (chef du service des retraites de l'éducation nationale,...

RATP : le taux définitif de cotisation retraite pour 2025 est fixé

Un arrêté publié dernièrement au Journal officiel (JO) fixe le montant définitif de la cotisation du régime spécial de retraite à la charge de la Régie autonome des transports parisiens (RATP). Cet arrêté fixe ainsi le taux de l'année 2025 à 19,13%. Si l'on parle de taux définitif c'est en raison de l'existence d'un taux...
Lire plus

Droits à congés pendant un arrêt maladie : attention à bien lire sa CCN !

La Cour de cassation s'est prononcée, il y a quelques semaines, sur la question des droits à congés pendant un arrêt de travail lié à un accident ou une maladie relevant de la vie privée continuent à acquérir des droits à congé. Il n'y a pas de débat sur le fait qu'un salarié en arrêt "vie privée" augmente sa durée de congé en fonction de la longueur de son indisponibilité. Cependant la décision s'intéresse particulièrement à la façon dont la convention collective nationale (CCN) prend, ou non, le pas sur la...