Recours abusif au travail intérimaire : le groupe Sanofi condamné

Cet article provient du site du syndicat CGT.

 

Grand utilisateur de main d’œuvre précaire, le groupe pharmaceutique Sanofi a été condamné le 1er mars dernier par le Tribunal correctionnel de Créteil pour abus de recours au travail intérimaire. 

L’inspection du travail avait dressé un procès-verbal contre le groupe Sanofi pour dénoncer la multiplicité des contrats de mise à disposition des intérimaires sur le seul site de Maisons-Alfort. Elle avait répertorié 1 782 contrats de mission en 2010 et 1 853 en 2011, ainsi que 600 infractions au Code du travail. 

Suite à ce constat, la CGT du site Maisons-Alfort, la CGT Industrie chimique et la CGT du comité d’établissement de Maisons-Alfort avaient saisi le Tribunal correctionnel de Créteil par une citation directe fin 2015 pour le recours abusif aux contrats intérimaires. Le verdict est tombé le 1er mars dernier : Sanofi est coupable de recours à des salariés temporaires en dehors des cas prévus par la loi et de recours abusif aux contrats précaires. 

Le groupe a été condamné à 366 amendes de 300 euros chacune pour la première infraction, et à 3 000 euros d’amende pour la seconde. S’ajoutent près de 6 500 euros de frais de justice, soit plus de 110 000 euros au total. 

Ce n’est pas la première condamnation pour Sanofi : depuis 2014, 50 salariés en CDD avaient déjà gagné la requalification de leur contrat en CDI, et 80 autres avaient reçu un total de 3,5 millions d’euros d’indemnités, notamment des personnels licenciés au moment de la fermeture du site de Romainville, en Seine-Saint-Denis. 

« Cette condamnation est un message sociétal car les entreprises sont aussi des acteurs sociaux avec des responsabilités » s’est exprimée Bettina Ferreira Houdbine, avocate de la CGT, « Sanofi est sanctionné car il préfère embaucher des intérimaires plutôt que d’avoir une politique de l’emploi responsable ». 

Dans un communiqué paru le 3 mars 2017, la FNIC CGT et la CGT Sanofi disent accueillir « cette décision comme une bonne nouvelle, pour le monde du travail, car elle s’inscrit pleinement dans le débat d’aujourd’hui :• sur le niveau d’emploi ;• sur l’utilisation du CICI sans obligation de résultat ;• pour la maîtrise des savoir-faire, la sécurisation et l’éthique des industries de santé ;• sur les valeurs de la République en matière d’accès au travail et sur l’obligation faite à tous (y compris les puissances de l’argent) de respecter les lois ». 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #2 : le point sur la santé des HCR et la prévoyance des Services à la personne

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

You May Also Like

Le groupe Crédit Mutuel investit dans le secteur de l’optimisation énergétique

L'Autorité de la concurrence signale le projet d'acquisition de plusieurs sociétés du secteur de l'optimisation énergétique par le Groupe Crédit Mutuel. Si l'opération est conclusive, c'est la filiale du Groupe Crédit Mutuel appelée DEVEST 22 qui prendra le contrôle exclusif des sociétés Akéa Energies, de sa filiale ATFE, et du Groupe Hellio. Akéa et sa filiale sont spécialisées dans l'accompagnement à la performance et la maîtrise énergétique. Quant au Groupe...

Avis d’extension d’accords et d’un avenant de prévoyance dans les industries de la maroquinerie

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 19 mars 2026, les dispositions de 3 accords du 18 février 2026 relatifs aux salaires minima (cordonnerie multiservice, maroquinerie et industries des cuirs et peaux) et de l'avenant n° 2 du 18 février 2026 à l'accord du 12 décembre 2018 relatif à la prévoyance, conclus dans le cadre de la convention collective...

Avis d’extension d’accords conclus dans la CCN de la fabrication pharmaceutique

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 19 mars 2026, les dispositions de l’accord collectif du 28 janvier 2026 relatif aux rémunérations minimales conventionnelles et de l'accord du 28 janvier 2026 relatif au recours à la visioconférence lors des réunions de la CPPNI, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la fabrication et le...