Quelle indemnité plancher en cas de rupture conventionnelle d’un journaliste ?

Cet article a été initialement publié par FO.

En vertu de l’article L. 7112-3 du code du travail, les journalistes professionnels bénéficient d’une indemnité de rupture dérogatoire au droit commun : « Si un employeur est à l’initiative de la rupture, le salarié a droit à une indemnité qui ne peut être inférieure à la somme représentant un mois, par année ou fraction d’année de collaboration, des derniers appointements. Le maximum des mensualités est fixé à quinze ». 

 

Rappelons également que, s’agissant de la rupture conventionnelle, l’article L. 1237-13 du code du travail énonce, en son premier alinéa, que « la convention de rupture définit les conditions de celle-ci, notamment le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle qui ne peut pas être inférieur à celui de l’indemnité prévue à l’article L. 1234-9 ». 

 

La question s’est posée de savoir si, pour les journalistes, l’article L. 7112-3 du code du travail devait tenir lieu d’indemnité minimale de rupture conventionnelle. 

Plusieurs décisions contradictoires ont été rendues par les juridictions du fond. La Cour de cassation vient récemment de mettre fin à la discussion (Cass. soc., 3-6-15, n°13-26799, PBR). 

 

En l’espèce, un salarié qui occupait les fonctions de rédacteur en chef du service politique économique et social de France 3 avait conclu une rupture conventionnelle qui avait fait l’objet d’une homologation par l’administration du travail. 

Il saisit le conseil de prud’hommes de demandes tendant à ce que la rupture conventionnelle produise les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse dans la mesure où ce dernier a, selon lui, perçu une indemnité inférieure à l’indemnité de licenciement qui lui était due. 

La cour d’appel de Paris accueille les demandes du salarié considérant que « l’indemnité de licenciement du journaliste prévue à l’article L. 7112-3 du code du travail constitue une indemnité de 

licenciement au sens de l’article L. 1234-9 du code du travail auquel la convention de rupture ne pouvait pas déroger par application des dispositions de l’article L. 1237-13 du même code ». 

L’employeur forme un pourvoi en cassation. Les Hauts magistrats cassent et annulent l’arrêt rendu par ladite cour d’appel. 

 

Pour la Haute Cour, l’employeur n’est pas tenu de verser l’indemnité de rupture spécifique aux journalistes et peut se contenter de leur allouer l’indemnité légale de licenciement de droit commun prévue aux articles R. 1234-1 et R. 1234-2 du code du travail : « l’article L. 1237-13 du code du travail se réfère aux seules dispositions de l’article L. 1234-9 du même code, de sorte que le calcul du minimum de l’indemnité est celui prévu par les articles R. 1234-1 et R. 1234-2 de ce code ». 

Pour autant, gardons en mémoire qu’il ne s’agit que de la fixation d’une indemnité plancher. Comme le prévoit le dispositif de la rupture conventionnelle, l’employeur peut toujours choisir d’allouer une indemnité de rupture plus importante. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #1 : le régime santé de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM revient sur l'impact de la généralisation de la complémentaire santé

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

You May Also Like

Aréas Assurances poursuit son excellente trajectoire en 2025

Aréas Assurances présente des résultats spectaculaires pour l'année 2025. Les performances affichées sont impressionnantes avec un chiffre d'affaires et un résultat net qui dépassent toutes les attentes. Le groupe Aréas Assurances commence par afficher un chiffre d'affaires (CA) de 881,4 M€, soit 9,4% de plus qu'en 2024 (805,5...

Solimut Mutuelle poursuit son redressement

Solimut Mutuelle continue de sortir la tête de l'eau pour la 3e année consécutive. D'après les résultats de l'année 2025 que la mutuelle vient de publier, les efforts fournis depuis plusieurs années continuent de porter leurs fruits avec une activité qui reste positive. Tout n'est pas facile et Solimut Mutuelle affiche un chiffre d'affaires et un résultat net en retrait par rapport à 2024. Le chiffre d'affaires atterrit...

Avis d’extension d’un avenant de prévoyance dans les industries électriques et gazières IEG

Le ministre du travail et des solidarités et le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique envisagent d’étendre, par avis publié le 25 avril 2026, les dispositions de l’avenant conclu le 12 décembre 2025 relatif à la couverture de prévoyance complémentaire obligatoire pour les salariés statutaires des industries électriques et gazières, conclu dans le cadre de la convention...