Quelques jours avant sa terrible déconvenue devant le Conseil d’Etat, AG2R et la Fédération de la boulangerie ont tenté le tout pour le tout en négociant un hallucinant accord de branche. La décision du Conseil d’Etat importait peu sur ce sujet, puisque l’accord du 1er juin est de toute façon contraire à la décision du Conseil Constitutionnel du 13 juin 2013, et en conteste l’autorité. Les négociateurs de la branche ont en effet tout simplement décidé, au nom de la solidarité, de prolonger pour cinq ans la désignation antérieure en faveur d’AG2R.
Un passage en force qui laisse pantois
Jamais sans doute on avait vu un corps intermédiaire mépriser à tel point la légalité républicaine. Les négociateurs de branche, à commencer par le président des boulangers, Jean-Pierre Crouzet, savent parfaitement que la désignation est interdite depuis le 13 juin 2013, et savent qu’ils ont bénéficié d’une mesure d’exception en obtenant la prorogation des effets de celles-ci jusqu’à leur terme échu. Pourquoi, malgré ces mesures de clémence, s’obstiner à vouloir continuer un système condamné sans la moindre ambiguïté?