Protection des lanceurs d’alerte: la CFDT salue les dispositions de Sapin II

Cet article provient du site du syndicat CFDT.

 

Le Parlement a adopté, le 8 novembre, le projet de loi Sapin 2 relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique. Ce texte, salué par la CFDT et les ONG spécialisées, donne enfin à la France un arsenal juridique comparable aux plus exigeants standards européens.  

Dorénavant, la justice pourra poursuivre avec plus de facilité les entreprises françaises ou celles ayant une activité en France pour des actes de corruption à l’étranger. Est également crée l’Agence française anticorruption (Afa), qui contrôlera la mise en place des programmes anticorruption, devenus obligatoires, dans les entreprises de plus de 500 salariés et au chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros. 

Le lobbying est encadré avec la création d’un répertoire des « représentants d’intérêt » sous le contrôle de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Les lobbyistes rencontrant les ministres et leur cabinet, les parlementaires et leurs collaborateurs, certains hauts fonctionnaires et élus locaux s’y enregistreront. Ils devront aussi divulguer les noms de leurs clients et transmettre un bilan de leur activité. 

Lanceurs d’alerte 

Parmi les mesures fortes de cette loi figure la création d’un véritable statut pour les lanceurs d’alerte. Ces derniers sont dorénavant mieux protégés contre toute discrimination, licenciement, représailles ou sanctions et pourront bénéficier d’un soutien financier, notamment s’ils sont attaqués en justice suite à leur alerte. Une victoire pour la CFDT, qui s’est battue jusqu’à la dernière minute au côté des ONG afin que cette mesure ne passe pas à la trappe lors des débats à l’Assemblée et au Sénat. 

En outre, les entreprises d’au moins 50 salariés, les communes de 10 000 habitants et plus, les départements, les régions et les administrations ont l’obligation de définir des procédures afin de pouvoir recueillir les alertes en toute confidentialité. « L’alerte ne sera plus considérée comme un manquement à la loyauté envers l’organisation mais comme une responsabilité démocratique », se réjouit Franca Salis Madinier, secrétaire nationale de la CFDT-Cadres. Seul bémol, et de taille, les organisations syndicales ont été exclues des procédures de recueil des alertes dans les entreprises et les administrations alors qu’elles auraient pu constituer un appui et garantir une meilleure protection du lanceur d’alerte, lui permettant notamment de sortir de son isolement. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

You May Also Like

Aide à domicile : le décret dédié à l’exonération de cotisations patronales est paru

Le secteur de l'aide à domicile (IDCC 2941) attendait fébrilement le décret annoncé récemment par le gouvernement relatif au report de l'âge permettant de bénéficier d'une exonération de cotisations patronales. Le texte vient de sortir officiellement et repousse donc de 70 à 80 ans l'âge des employeurs d'aides à domicile qui leur permet de bénéficier de cette...