Protection des données : la Commission européenne ne respecte pas encore le RGPD

Pour les entreprises, se voir imposer des règles contraignantes, telles que le Règlement général pour la protection des données (RGPD), par des autorités qui ne l’applique pas est rageant. A l’approche de l’entrée en application du RGPD le 25 mai 2018, il nous a donc semblé intéressant de faire le test avec le site de la Commission européenne, surprise, surprise… 

Le consentement obtenu grâce à une case à cocher

Si l’on se rend sur une page du site de la Commission européenne permettant de poser une question écrite (voir ici), on observe que le consentement au traitement de nos données personnelles s’obtient simplement en cochant une case. Ladite case est accompagnée de la mention « J’ai lu et j’accepte les conditions relatives à la protection des données« . 

Cette simplicité, que nous avions déjà évoquée dans cet article, nous montre que les entreprises devraient pouvoir reprendre ce formalisme basique pour se conformer au RGPD. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’un renvoi doit être fait vers une liste d’informations devant être délivrées à l’individu dont les données personnelles sont recueillies dans le cadre du RGPD, ce que la Commission européenne semble faire. 

 

La Commission européenne oublie trois éléments du RGPD

Lorsque des données personnelles sont recueillies directement auprès d’un individu, c’est l’article 13 du RGPD qui tend à s’appliquer : il dresse la liste des informations que le responsable du traitement doit fournir. 

La page d’informations proposée par la Commission européenne est très complète et propose bon nombre d’éléments qui nous font penser que tout est bien conforme au Règlement général. Pourtant, à y regarder de plus près, certains détails manquent. 

1- Pas de délégué à la protection des données : la Commission européenne n’a pas encore nommé de délégué à la protection des données. L’article 37 du RGPD indique que toute autorité publique ou organisme public qui effectue un traitement de données personnelles doit en désigner un. 

2- Pas de base juridique du traitement : la page d’informations ne délivre aucun renseignement sur la base juridique sur laquelle est fondée le traitement des données personnelles des individus. En l’occurrence, il devrait s’agir du consentement. 

3- Certains droits sur les données manquent à l’appel : si la Commission européenne précise bien que l’individu dispose d’un droit de rectification et de suppression de ses données personnelles, il manque trois autres droits censés être prévus dans le cadre du RGPD. Ce sont les droits à la limitation du traitement, à l’opposition au traitement, à la portabilité des données, au retrait du consentement. 

 

On reste surpris que la conformité de la Commission européenne au RGPD ne soit pas encore complète car cela fait deux ans que le Règlement est voté. Il aurait été logique que l’autorité européenne montre l’exemple en se conformant en amont aux nouvelles règles contraignantes. Il n’en est rien et, moins de deux mois avant l’entrée en vigueur du Règlement, des adaptations sont encore nécessaires. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

You May Also Like

Avis d’extension d’un accord et d’un avenant chez les ingénieurs et cadres BTP de la Guyane

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 22 janvier 2026, les dispositions de l'accord du 25 septembre 2025 relatif aux salaires et de l'avenant du 10 décembre 2025 relatif aux stipulations spécifiques pour les entreprises de moins de cinquante salariés, conclus dans le cadre de la convention collective régionale des ingénieurs et cadres du bâtiment, des...

Avis d’extension d’un accord et d’un avenant chez les ouvriers du bâtiment et des travaux publics de la Guyane

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 22 janvier 2026, les dispositions de l'accord du 6 juin 2025 relatif aux salaires et de l'avenant du 16 décembre 2025 relatif aux stipulations spécifiques pour les entreprises de moins de cinquante salariés, conclus dans le cadre de la convention collective des ouvriers du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) de la...

Avis d’extension d’un accord et d’un avenant chez les ETAM du bâtiment et des travaux publics de la Guyane

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 22 janvier 2026, les dispositions de l'accord du 6 juin 2025 relatif aux salaires et de l'avenant du 16 décembre 2025 relatif aux stipulations spécifiques pour les entreprises de moins de cinquante salariés, conclus dans le cadre de la convention collective des Etam du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) de la...

Avis d’extension d’accords régionaux (Bourgogne-Franche-Comté) chez les OETAM des travaux publics 

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 22 janvier 2026, les dispositions de 4 accords régionaux (Bourgogne-Franche-Comté) du 9 décembre 2025 relatifs aux salaires minima hiérarchiques et aux indemnités de petits déplacements IPD, conclus dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers des travaux publics (...