Présidence du Medef : échanges courtois entre le patron de Michelin et Gattaz

Après que Viviane Chaine-Ribeiro a annoncé, il y a deux semaines, qu’elle renonçait à prendre part à l’élection présidentielle du Medef, c’est au tour de Jean-Dominique Senard, le patron de Michelin, de reconnaître qu’il va sans doute lui être difficile de prétendre à la succession de Pierre Gattaz. Cette prise de conscience s’accompagne d’échanges de courtoisies entre MM. Senard et Gattaz. 

L’âge, encore l’âge…

Dans un entretien qu’il a accordé au Figaro, Jean-Dominique Senard n’a pas fait mystère de ses ambitions présidentielles. Il a en effet admis avoir « envisagé » et, plus encore, avoir « même souhaité » s’engager dans la course à la succession de Pierre Gattaz. Hélas, comme dans le cas de Mme Chaine-Ribeiro, ces calculs se sont heurtés à une barrière physico-statutaire infranchissable. Afin d’accéder à la tête du Medef, il ne faut pas avoir atteint l’âge de 65 ans, âge que M. Senard atteindra en mars 2018. 

Face à ce blocage, le patron de Michelin refuse de recourir à une modification statutaire. « Il est hors de question de remettre en cause cette règle. Je suis opposé à une modification ou une interprétation des statuts ». Selon lui, ceci « donnerait le sentiment d’une manipulation ». Il conclut de cette situation : « En l’état, je ne peux donc pas être candidat ».  

Le sens du contournement

Toutefois, comme Jean-Dominique Senard a sans doute un peu de mal à concevoir qu’une histoire de délai de quelques mois puisse l’empêcher de candidater à la présidence du Medef, il a jugé qu’il y avait « sûrement d’autres solutions » envisageables afin de lui permettre de livrer bataille. « D’autres solutions » ?  

En particulier, le patron de Michelin semble en avoir une en tête. Interrogé quant au fait de savoir si une démission prochaine de Pierre Gattaz pourrait, à tout hasard, arranger ses affaires, il a estimé que c’était une bonne piste de travail. « On verra » a-t-il en effet répondu. S’il est vrai Jean-Dominique Senard tient à se présenter comme n’ayant pas le sens de la « manipulation », il faut tout de même lui reconnaître un certain sens du contournement des problèmes. 

Pierre Gattaz twitte

Rapidement informé de cette invitation à démissionner lancée par M. Senard, Pierre Gattaz a aussitôt fait savoir sur Twitter qu’il n’était pas d’accord avec les plans tirés sur sa queue de comète. « J’ai été élu pour une mission de cinq ans, je respecterai cet engagement jusqu’à la fin de mon mandat », a-t-il en effet écrit. Sortie de route pour le fabricant de pneus. 

En réalité, il est peu probable que le patron de Michelin ait vraiment cru que M. Gattaz allait démissionner afin de lui dérouler le tapis rouge. Le patron de Michelin commence d’ailleurs à se ménager une porte honorable de sortie de la course présidentielle. Justifiant son refus d’une candidature en binôme avec un responsable patronal plus jeune que lui, il en vient à relativiser l’importance du Medef dans la promotion de la cause patronale française : « une institution n’est pas indispensable pour porter une parole » affirme-t-il. Serait-ce donc inutilement que Pierre Gattaz s’agite depuis maintenant quatre ans à la tête du Medef ? 

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